Par Nadir Kadi
La décision du gouvernement algérien de rompre les relations diplomatiques avec le Maroc a suscité de nombreuses réactions au niveau national et international. Ainsi, en plus des autorités marocaines qui ont, en substance, dénoncé la situation comme «complètement injustifiée», tout en rejetant «catégoriquement les prétextes fallacieux, voire absurdes» qui sous-tendent «la logique d’escalade», les gouvernements français et saoudien ont, quant à eux, estimé que la poursuite du «dialogue» restait nécessaire.
Quant aux réactions des acteurs politiques nationaux, plusieurs partis ont réagi, à l’image du FLN, le RND, le Front El Moustakbal, les partis de Djaballah et Bengrina, ainsi que l’ancien diplomate Abdelaziz Rahabi. Ils ont exprimé leur «soutien total» à la décision de rompre les relations diplomatiques, une «décision souveraine qui préserve les intérêts de l’Algérie et de son peuple face aux menaces et aux provocations d’un pays voisin», appelant le peuple algérien à faire preuve de «vigilance et à adhérer aux institutions officielles et souveraines pour la préservation des intérêts diplomatiques et économiques de l’Algérie et la sauvegarde de son unité et de son intégrité territoriale».
Réactions «internationales», notamment venues du royaume d’Arabie saoudite et de France. Le ministère saoudien des Affaires étrangères a ainsi souhaité «un rétablissement des relations entre les deux pays le plus tôt possible». Un appel à privilégier le dialogue «profitable aux deux peuples», selon le communiqué repris hier par la presse. Un point de vue de Ryad qui, a invité en ces termes «les frères dans les deux pays» à privilégier «le dialogue et la diplomatie pour trouver des solutions à leurs différends d’une manière qui contribue à ouvrir une nouvelle page pour les relations entre les deux pays frères et d’une manière qui profite à leurs peuples, réalise la sécurité et la stabilité pour la région et renforce l’action arabe commune». Dans la même logique diplomatique, le même appel au dialogue marque, également, la réaction des autorités françaises. L’AFP, soulignant que le porte-parole adjoint du ministère français des Affaires étrangères déclare que «l’Algérie et le Maroc sont deux pays amis et deux partenaires essentiels de la France». La France restant «naturellement attachée à l’approfondissement des liens et au dialogue entre les pays de la région, pour en consolider la stabilité et la prospérité».
Pour rappel, le ministre des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l’étranger, Ramtane Lamamra, a fait savoir, mardi, lors d’une conférence de presse que l’Algérie «refuse de continuer à entretenir une fausse normalité ayant pour effet de maintenir l’ensemble maghrébin dans une situation de grave précarité, en porte-à-faux au droit international». Le ministre appuyant la décision de rompre les relations diplomatiques entre les deux pays en précisant : «Il est historiquement et objectivement établi que le royaume du Maroc n’a jamais cessé de mener des actions hostiles, inamicales et malveillantes à l’encontre de notre pays et ce, depuis l’indépendance de l’Algérie.» Le diplomate ajoutant plus précisément que «ces actions hostiles concernent également la collaboration active et documentée du royaume du Maroc avec deux organisations terroristes dites MAK et Rachat, dont les derniers crimes odieux sont liés à leur implication préméditée dans les incendies qui ont ravagé plusieurs wilayas du pays et dans le supplice et l’assassinat abjects de notre compatriote Djamel Bensmaïl».