Par Feriel Nourine
Entamé en 2020, suite à l’insuffisance sur le marché international de certains produits alimentaires de base provoquée par la crise sanitaire, la hausse des prix agricoles s’est poursuivie durant le premier trimestre de 2021, indique la Banque mondiale dans son dernier rapport sur les perspectives des marchés de produits de base.
La BM souligne que son indice des prix agricoles est monté de plus de 9% et ses supérieurs de 20% par rapport à ce qu’ils étaient il y a une année, soit un niveau record depuis près de sept ans. « La hausse des prix est due à l’insuffisance de l’offre de certains produits alimentaires de base, notamment le maïs et le soja, à la forte demande de produits destinés à l’alimentation animale en Chine et à la dépréciation du dollar », explique l’institution de Bretton Woods. Laquelle table, cependant, sur une stabilisation des marchés des matières premières est attendue pour la saison prochaine, poursuit la même source en se basant sur l’enquête effectuée par le département américain de l’Agriculture sur les intentions de semis, les superficies allouées au maïs, au soja et au blé aux Etats-Unis. Celles-ci devraient augmenter respectivement de 0,4 %, 5,4 % et 4,5 % la saison prochaine et permettent de prendre en charge la croissance de la demande mondiale des matières premières alimentaires.
A ce rythme, les prix agricoles devraient se stabiliser en 2022 après une hausse de 13 % cette année, soutient la BM, précisant que ces prévisions demeurent néanmoins dépendantes de l’évolution des coûts de l’énergie, à court terme, et des politiques en matière de biocarburants dans le cadre de la transition énergétique, à plus long terme.
Pétrole : La demande devrait se raffermir en 2021
Pour le marché pétrolier, la même institution mondiale relève un redressement des cours en un « temps record », dû en premier lieu aux efforts fournis par l’Opep et ses partenaires en matière de réduction de l’offre. « Après avoir atteint des planchers historiques pendant la pandémie, les prix du pétrole brut ont rebondi, à la faveur de la poursuite des réductions de production de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et ses partenaires », indique-t-elle, non sans noter également « une reprise progressive » de la demande , et qui devrait « se raffermir au cours de l’année 2021, avec l’arrivée massive de vaccins et l’assouplissement des restrictions sur les voyages, en particulier dans les économies avancées », souligne encore la BM.
Toutefois, et en dépit des réductions opérées par l’Opep+, « les importantes capacités de production inutilisées qui en résultent limiteront la hausse des prix sur la période de prévision », prévoit-elle, qui n’exclut pas, en outre, une nouvelle détérioration de la demande si l’endiguement de la pandémie faiblit.
Même évolution pour les autres produits énergétiques que sont le gaz naturel et le charbon. Leurs prix ont eux aussi enregistré de fortes hausses au premier trimestre de l’année en cours. Une tendance provoquée par la reprise économique mondiale, les températures froides dans certaines parties de l’hémisphère Nord et les problèmes d’approvisionnement, justifie la même source.
Par ailleurs, les cours du charbon sont soumis à « des pressions de long terme liées aux processus de décarbonation, un nombre croissant de pays importateurs de charbon étant appelés à annoncer des objectifs de neutralité carbone », explique-t-elle, ajoutant que la consommation de charbon a été « considérablement réduite par l’arrivée rapide des énergies renouvelables et du gaz naturel à bas prix », même si la diminution de l’électricité produite à partir du charbon en Europe et aux Etats-Unis a été largement compensée par l’augmentation des capacités en Chine.
Concernant le marché des métaux, il a évolué sur une tendance haussière maintenue durant les trois premiers mois de 2021. A l’origine de cette hausse, la forte demande en provenance de la Chine, la reprise mondiale en cours et les perturbations au niveau de l’offre pour certains métaux, explique-t-on.
Du coup, les cours du cuivre, de l’étain et du minerai de fer se sont vus hisser, en mars, à des niveaux jamais atteints depuis dix ans, souligne le rapport de la BM, faisant remarquer que « la proposition de loi sur les infrastructures aux Etats-Unis et la transition énergétique mondiale en faveur de la décarbonation pourraient exercer de nouvelles pressions à la hausse sur les prix ».
A l’inverse des marchés sus-cités, celui de l’or a connu une régression des cours durant la période de référence. Estimé à 4%, ce recul a été occasionné par la hausse des rendements obligataires a fait perdre son attrait à l’or par un repli de la demande due à la hausse des rendements des emprunts d’Etat américains, constate la BM. n