L’annonce par le ministère de la Santé du passage au stade III de la crise sanitaire nous mets, désormais, au cœur d’une situation inédite. Ce niveau de l’évolution veut dire que la pandémie est plus que jamais passée à une propagation plus vaste, touchant désormais la majorité des wilayas. Le risque de contracter le virus et le propager dans son entourage est désormais passé à un stade plus important. Comme les pays d’Europe les plus touchés, l’Algérie se retrouve face à la nécessité d’opter pour des mesures davantage draconiennes. Se posera indéniablement la question de l’observance rigoureuse d’un confinement, loin d’être pour le moment respecté. Malgré les mesures strictes imposées par l’Etat, l’espace social demeure décidément toujours un lieu de rencontres et de contacts entre les individus. Donc de contagion à très haut risque. Cette nonchalance face au danger s’ajoute paradoxalement à l’anxiété généralisée. Combien durera un confinement général du pays ? Personne n’est en mesure pour l’heure de répondre. Dans une atmosphère de grande inquiétude, d’autres questions s’imposent avec gravité. Ne faudrait-il pas passer déjà au confinement strict et général afin de contraindre les gens à limiter un mouvement humain porteur de grand péril ? L’humain étant le véritable vecteur de l’élément pathogène, c’est bien l’observance stricte de la distanciation sociale qui pourrait garrotter une évolution qui risque de se transformer en catastrophe. Il faudrait seulement assurer drastiquement un dispositif efficace de la chaîne d’approvisionnement des commerces de denrées alimentaires, des pharmacies et autres services indispensables à la vie quotidienne des citoyens en confinement. Dans un pays caractérisé par un fonctionnement laborieux à tous les niveaux en situation normale, une évolution vers l’aggravation risque bien de mettre à rude épreuve nos capacités de résistance. Le passage au niveau III gagnerait à être considéré comme une sonnette d’alarme face à un péril imminent. Pour que tout un chacun se sente responsable de la vie des autres et pas seulement de la sienne.