Dix soldats nigérians ont été tués dans une attaque jihadiste contre un convoi militaire mardi dans le nord-est du Nigeria, autour du lac Tchad, ont affirmé mercredi à l’AFP deux sources sécuritaires. Des combattants présumés du groupe Etat islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap) ont tendu une embuscade à des soldats non loin de Marte, une ville proche du lac Tchad, bastion de ce groupe jihadiste qui a fait scission avec Boko Haram en 2016. «Les terroristes ont tué dix soldats, dont deux officiers de l’armée», a déclaré à l’AFP une source sécuritaire, qui veut garder l’anonymat. Ce bilan a été confirmé par une source militaire. Huit soldats ont aussi été blessés dans cette embuscade, selon elle. Les assaillants ont ouvert le feu avec des armes automatiques et des lance-grenades sur le convoi militaire, qui apportait des vivres et des équipements à des troupes stationnées dans la zone. Les jihadistes se sont emparés de la cargaison et ont mis le feu à deux véhicules avant de s’enfuir dans la brousse, ont ajouté ces sources. Cette attaque intervient peu de temps après le bombardement aérien par l’armée nigériane de plusieurs camps jihadistes dans cette région. Plusieurs jihadistes, dont trois commandants, avaient été tués, selon ces sources. Le lac Tchad, une vaste étendue d’eau marécageuse truffée d’îlots, situé à la frontière du Nigeria, du Niger, du Tchad et du Cameroun, est devenu le repaire de l’Iswap. Le groupe a récemment intensifié ses attaques contre l’armée, mais aussi contre des civils. Vendredi, les jihadistes ont tué 30 personnes, dont des membres des forces de sécurité, après avoir tendu une embuscade au convoi du gouverneur de la région Babagana Umara Zulum, près de la ville de Baga, située sur les pourtours du lac Tchad. L’insurrection islamiste de Boko Haram est née en 2009 dans le nord-est du Nigeria avant de se propager dans les pays voisins, au Cameroun, au Niger et au Tchad. Depuis cette date, plus de 36.000 personnes (principalement au Nigeria) ont été tuées, et 3 millions ont dû fuir leur domicile, selon l’ONU. En 2016, le groupe s’est scindé en deux branches: la faction dirigée par son chef historique, Abubakar Shekau, et l’Iswap, affilié au groupe Etat islamique (EI).