Le Niger a lancé mardi une «campagne de vaccination de masse» contre le coronavirus, pour convaincre un maximum de personnes encore réticentes à se faire vacciner, a annoncé le ministre de la Santé. «Le Niger a commencé à vacciner sa population contre le Covid-19 depuis le 29 mars, malheureusement c’est encore timide», a déploré lors d’un point de presse M. Illiassou Maïnassara. La «campagne de masse» se déroulera jusqu’au 22 juin et vise «à toucher le maximum de la population», notamment «ceux qui sont âgés d’au moins 18 ans», a dit M. Maïnassara. Elle vient en appui des séances de vaccination en cours depuis le 29 mars sur des sites officiels qui attirent peu de monde, selon les autorités qui avaient indiqué fin mai que quelque 170.000 personnes seulement avaient été vaccinées contre le Covid-19 en deux mois. Cette méfiance est surtout due «aux rumeurs et aux fausses informations» qui circulent «sur les réseaux sociaux» concernant les vaccins, estiment les medias locaux. Pour cette nouvelle campagne nationale, des équipes de vaccinateurs seront déployées dans les ministères, les institutions de l’Etat (présidence, assemblée nationale…), dans les services publics et privés, les casernes (armée, police, gendarmerie) et les compagnies de transports aériennes et terrestres «pour vacciner les agents et les usagers», a détaillé le ministre. En décembre 2020 le gouvernement nigérien avait annoncé son objectif de vacciner en 2021 «47% de la population» totale du pays, estimée à plus de 20 millions de personnes. Le Niger a reçu 780.000 doses de vaccins: 400.000 doses de vaccin Sinopharm offertes par la Chine, 355.000 doses de vaccins AstraZeneca via le programme Covax destiné à fournir des vaccins aux pays à faible revenu, plus un don indien de 25.000 autres doses du même vaccin. Bien que le Niger soit relativement peu touché par l’épidémie de coronavirus, avec 5.452 cas dont 192 décès selon un bilan officiel, les autorités avaient pris dès l’apparition des premiers cas en mars 2020 des mesures drastiques pour stopper sa propagation: fermeture des frontières, état d’urgence, couvre-feu, fermeture des lieux de culte et des écoles, isolement de Niamey du reste du pays.
Certaines de ces mesures ont été progressivement levées, mais les frontières terrestres restent toujours fermées. En avril 2020, des émeutes de protestation contre le couvre-feu et l’interdiction des prières collectives avaient secoué plusieurs quartiers de Niamey. n