Quelque 7,6 millions d’électeurs sont appelés aux urnes aujourd’hui, dimanche, 27 décembre 2020, au Niger pour élire un président de la République. Le premier tour de la présidentielle est couplé à un scrutin législatif. L’actuel chef de l’Etat Mahamadou Issoufou cède sa place après deux mandats comme le prévoit la Constitution.

Trente candidats sont en lice pour la présidentielle. Parmi eux, figure le favori Mohamed Bazoum, 59 ans, dauphin désigné par le président sortant Mahamadou Issoufou. Ancien ministre de l’Intérieur et des Affaires étrangères, le candidat du parti au pouvoir est considéré comme le candidat le mieux placé pour remporter le scrutin. Cette élection à deux tours se jouera sans le principal opposant, Hama Amadou, qui a été écarté par la Cour constitutionnelle en raison de sa condamnation en 2017 dans une affaire de trafic de bébés. L’opposition participe néanmoins aux élections générales tout en contestant le nouveau code électoral. Parmi les enjeux de ce scrutin, le développement économique et social figure en première place. Malgré les progrès réalisés ces dernières années, près de quatre Nigériens sur dix vivent avec moins de deux euros par jour. Le pays, considéré comme l’un des plus pauvres de la planète, est confronté à une croissance démographique explosive qui retarde son développement.
Avec en moyenne plus de sept enfants par femme, il enregistre le taux de fécondité le plus élevé au monde. Une fille sur deux ne va pas à l’école et beaucoup se marient avant l’âge de 15 ans.A ce rythme, la population passera de 23 millions aujourd’hui à 70 millions en 2050 si rien ne change.
Autre problème majeur du Niger, l’insécurité liée aux groupes jihadistes sahéliens à l’ouest et à Boko Haram à l’est. Ceux-ci sont responsables de centaines de morts depuis 2010 et du déplacement de centaines de milliers personnes (300.000 réfugiés et déplacés dans l’est, 160.000 dans l’ouest).
Quelque 260 écoles sont fermées dans les zones d’insécurité. L’économie en pâtit avec une activité rendue difficile dans certaines zones, alors que la Défense absorbe 17% du budget de l’Etat. Et l’armée veut encore doubler ses effectifs. « Rien ne peut être réalisé sans sécurité », justifie le président nigérien Mahamadou Issoufou, sur le départ après deux mandats, et dont le pays accueille des bases militaires française et américaine. Deux nouvelles attaques meurtrières ont été perpétrées en décembre, avant l’élection présidentielle : 34 personnes ont été tuées par Boko Haram dans le village de Toumour, près du Nigeria, tandis que dans l’ouest, l’armée a perdu sept hommes dans une embuscade.
Le Niger dispose d’importantes ressources naturelles avec des réserves d’uranium, de phosphates, d’or, de charbon, d’étain et de pétrole. Il est classé troisième producteur mondial d’uranium mais l’exploitation de ses ressources n’est pas transparente et ne profite pas aux Nigériens. n