Un agent des eaux et forêts a été tué lors d’une attaque dans la nuit de dimanche à lundi dans le sud-ouest du Niger près du Burkina Faso, et une femme est morte lors de l’opération de ratissage qui a suivi, a annoncé lundi soir le ministère de l’Intérieur. L’attaque a visé le poste de contrôle mixte entre police, gendarmerie et les eaux et forêts de Say, une ville située à une cinquantaine de kilomètres de Niamey et proche de la frontière avec le Burkina Faso, précise le communiqué. Elle a été menée par «des individus armés non identifiés» venus «à bord d’un véhicule et plusieurs motos» mais «la prompte et vigoureuse réaction» des Forces de défense et de sécurité (FDS) «a obligé l’ennemi à battre en retraite», assure le ministère. Le bilan provisoire du ministère fait état d’un sous-officier des eaux et forêts tué lors de l’attaque. Une femme a également «trouvé la mort» et une autre a été «légèrement blessée» au cours des opérations de «ratissage» de l’armée, souligne le ministère qui ne donne pas de précisions sur l’idendité et les circonstances de leur mort, mais indique qu’un «assaillant» a aussi été tué. Le ministère annonce «l’ouverture d’une enquête» afin de «retrouver et traduire devant les tribunaux les auteurs de cette attaque criminelle».
Say, chef-lieu du département du même nom, est située dans la vaste région de Tillabéri et est riveraine du parc du W – à cheval sur les frontières entre Niger, Burkina et Bénin – une zone anciennement touristique, inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1996, mais désormais considérée comme une zone à haut risque, déconseillée par les chancelleries occidentales. La partie nord de Tillabéri est située dans la zone «des trois frontières» aux confins du Niger, du Burkina Faso et du Mali. Tillabéri est le théâtre depuis 2017 d’actions sanglantes de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda et au groupe Etat islamique (EI). Fin octobre, deux policiers ont été tués lors d’une attaque «terroriste» contre un poste de police à Tamou, une ville du département de Say, et sept assaillants ont été abattus dans la riposte de l’armée, selon le ministère de la Défense. Le Niger est touché par la violence jihadiste sur plusieurs pans de son territoire. Dans le sud-est, près du Nigeria et du lac Tchad, les jihadistes de Boko Haram et de l’Iswaop (Etat islamique en Afrique de l’Ouest) commettent régulièrement des attaques contre des civils et des rapts contre rançons. Enfin, la zone frontalière entre le nord du Bénin et le sud du Niger, jusqu’ici épargnée, fait face à son tour depuis quelques mois à la menace jihadiste. n