Plus de 8.000 déplacés civils ont été enregistrés depuis janvier dans la région de Tillabéri, dans l’ouest du Niger, une zone instable frontalière du Mali et théâtre de nombreuses incursions de groupes djihadistes, a annoncé lundi l’ONU.

«8.432 personnes déplacées internes» ont été dénombrées «de janvier à mars 2018», selon des chiffres du Bureau de coordination des affaires humanitaires (Ocha) de l’ONU, transmis à l’AFP. Les mouvements des «déplacements» qui «continuent» sont «occasionnés par les menaces, exactions et la recrudescence des affrontements entre groupes armés non étatiques», indique l’agence onusienne. Ces déplacements pourraient toucher plus de 40.000 habitants de cette région qui abrite depuis 2012 des milliers de réfugiés maliens, s’alarme l’ONU. Il s’agit des premiers cas de déplacés, officiellement signalés dans cette zone qui vit sous l’état d’urgence depuis mars 2017. Ces mouvements sont également liés aux «effets» des mesures sécuritaires visant à juguler «les infiltrations meurtrières» et «récurrentes de terroristes» venant du Mali voisin, a expliqué un responsable local à l’AFP. Dans le cadre de ces mesures, une dizaine de marchés ruraux ont été fermés et la circulation de voitures et motos a été interdite dans certaines localités. Des mesures similaires ont déjà contribué «à affaiblir» le groupe nigérian Boko Haram en le coupant de ses sources de ravitaillement, selon les autorités. Dans cette zone enclavée, les motos sont devenues «les principaux moyens de déplacement» des assaillants qui se «ravitaillent en vivres et carburant» dans les marchés locaux, où sont également «tapis leurs informateurs», a relevé ce responsable. Le groupe djihadiste nigérian Boko Haram est également actif dans la région de Diffa, dans le sud-est du Niger, frontalier du Nigeria. La région de Diffa abrite plus de 300.000 réfugiés et déplacés, dont des milliers vivent au milieu d’une population locale déjà très pauvre, selon l’ONU qui demande à la communauté internationale d’accroître son soutien financier.