Plus de 11.000 personnes qui avaient fui des attaques jihadistes ont été rapatriées dans leurs villages dans l’Ouest du Niger, ont indiqué dimanche les autorités locales. «Il s’agit d’un rapatriement volontaire. Ce sont 11.200 personnes qui ont déjà regagné leurs villages dans l’Anzourou (Ouest nigérien). Il reste 1.000 et quelques autres déplacés qui seront acheminés aujourd’hui», dimanche, a indiqué à l’AFP le gouverneur de Tillabéri, Tidjani Ibrahim Katiella. En début de semaine, les Nations unies avaient indiqué que plus de 11.000 personnes (soit 1.624 ménages) avaient fui leurs villages de la zone de l’Anzourou pour trouver refuge entre le 14 et le 15 mai 2021 dans la ville de Tillabéri (capitale régionale), dans la localité de Namari Gougou et dans la commune rurale de Sarkoira. Ces opérations de retour des déplacés dans leurs villages ont été décidées mardi à Tillabéri entre les ministres nigériens de l’Intérieur, Alkache Alhada, celui de la Défense, Alkassoum Indatou, et les autorités locales. Le gouverneur Katiella a donné vendredi le coup d’envoi des opérations qui concernent en majorité des femmes, des vieillards et des enfants. Les déplacés sont acheminés par bus ou camions, sous forte escorte de soldats à bords de véhicules lourdement armés, selon les images montrées à la télévision publiques nigérienne. «Nous allons pouvoir retourner pour préparer nos champs à l’approche de la saison des pluies», attendue fin mai, a expliqué à la télévision une déplacée à bord d’un bus bondé. Un élu local a confié à l’AFP que «des déplacés hostiles au retour se dirigent vers d’autres destinations» autre que leurs villages. Ce «déplacement massif» de population a été déclenché par «les attaques récurrentes» contre les civils, selon la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (Ocha), citant «assassinats, viols, extorsions de biens et vols de bétail», perpétrés par «les éléments présumés de groupes armés non étatiques opérant le long de la frontière avec le Mali». La région de Tillabéri située dans la zone dite «des trois frontières» entre Niger, Mali et Burkina Faso, est régulièrement frappée par les groupes jihadistes affiliés à Al-Qaïda ou à l’Etat islamique. Selon l’ONU, au 31 janvier 2021, les violences avaient déjà contraint 100.000 personnes à fuir leurs villages dans la région de Tillabéri. Plus de 300 écoles (totalisant 22.000 élèves) sont fermées et 30.000 personnes sont privées de soins en raison de la fermeture de centres sanitaires.