L’avant-projet de loi de finances complémentaire pour l’année 2021 (PLFC) donne un aperçu sur l’étendue de la crise économique dans laquelle se retrouve, depuis quelques années déjà, l’Algérie. Avec toutes les données rapportées par la presse ces derniers jours, il y a finalement plus de questions que de réponses. Un point s’est imposé de lui-même, celui en relation avec le déficit de la balance des paiements prévu dans le PLFC 2021. Avec toutes les dépenses programmées et appliquées, un coût devait en sortir. Il sera de 3,6 milliards de dollars pour cette année. L’interrogation liée au déficit se rapporte au mode de «paiement». Comment financer ce déficit ?
Des experts, à travers leurs interventions sur les colonnes des journaux et les espaces de la presse digitale, citent plusieurs options. Entre autres, il y a celle de l’augmentation des recettes fiscales. D’ailleurs, dans la PLFC 2021 de nombreuses taxes ont été revues à la hausse. Ainsi, les fumeurs vont devoir «casquer» plus pour espérer obtenir leur paquet de cigarettes, puisque la taxe sur le tabac va sensiblement augmenter (32% au lieu de 22% auparavant).
Néanmoins, les impôts seront loin de satisfaire les «besoins» nécessaires pour financer les déficits. Pour que cela puisse être réalisable, il est primordial de revoir de fond en comble le «système» en relation avec les taxes. La collecte des impôts reste toujours au stade embryonnaire et n’a donné, jusqu’à maintenant, que de piètres résultats.
D’autres niches susceptibles d’«enrayer» les déficits sont donc à explorer. Les options les plus citées restent la dépréciation du dinar, la réduction des importations, la planche à billets ou encore la solution présentée comme extrême, celle de l’endettement extérieur. Les réponses seront peut-être connues dans les prochains jours.
Toutefois, dans cette avalanche de crises et d’analyses d’experts, un point semble être omis, celui de l’Exécutif en lui-même. Il faut pourtant rappeler que, sauf surprise, le gouvernement actuel va devoir quitter la scène dans un mois. Les élections législatives du 12 juin prochain vont sans aucun doute «engendrer» une nouvelle assemblée, mais surtout un nouvel Exécutif. Ce dernier se retrouvera devant le fait établi, et devra subir toutes les conséquences des mesures antisociales annoncées (dont la levée progressive des subventions). La scène politico-économique, à court terme, s’annonce bien agitée.