Le président du Nicaragua Daniel Ortega est assuré d’être réélu pour un quatrième mandat de cinq ans après les élections de dimanche dont la seule inconnue est le taux d’abstention puisque tous les rivaux sérieux du chef de l’Etat ont été placés en détention. Seul le taux de participation pourrait donner une idée de l’adhésion réelle des Nicaraguayens au «ticket» formé par Daniel Ortega, 76 ans et son épouse Rosario Murillo, 70 ans, vice-présidente depuis 2017. Les Etats-Unis ont vigoureusement dénoncé le scrutin. «Ce que le président du Nicaragua et son épouse, la vice-présidente Rosario Murillo, ont orchestré aujourd’hui est une élection pantomime qui n’était ni libre, ni juste, et certainement pas démocratique», a déclaré le président américain Joe Biden, cité dans un communiqué de la Maison Blanche sur «les élections-comédie au Nicaragua».
A l’inverse, le président du Venezuela Nicolas Maduro a félicité son homologue sans attendre le résultat. «L’impérialisme et ses alliés rampants en Europe pointent du doigt le Nicaragua, mais il y a des gens qui aiment le Nicaragua, il y a des gens qui défendent le Nicaragua», a-t-il affirmé dans une allocution télévisée, annonçant son intention de se rendre prochainement dans le pays d’Amérique centrale. Les rues étaient quasi désertes dimanche à Managua. Craignant une faible participation, le Front sandiniste de libération nationale (FSLN, ex-guérilla au pouvoir) a organisé durant la journée des tournées de porte-à-porte pour mobiliser les électeurs.
L’opposition décapitée, ses leaders en détention ou en exil, l’opposition a organisé une manifestation d’environ un millier de personnes à San José, la capitale du Costa Rica où se sont réfugiés plus de 100.000 Nicaraguayens. Les opposants n’avaient qu’un seul mot d’ordre pour les électeurs : «restez à la maison». n