Le plus grand pays d’Afrique par sa superficie, et le dixième mondial, est bien l’Algérie. Personne ne peut remettre en cause cette «vérité», toutefois, un doute pouvait prendre tout lecteur du dernier rapport de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced), rendu public, hier. Comment ne pas tiquer des yeux quand il est mentionné que sur les 40 milliards de dollars de flux d’investissements à destination de l’Afrique, en 2020, l’Algérie n’en a «récolté» que 1,1 milliard de dollars. Ce qui représente seulement 2,78% de la totalité du flux des IDE (Investissements Directs Etrangers) captés par le continent. C’est presque dérisoire pour un pays dont la stature (voulue et méritée) devrait lui donner bien plus d’importance sur l’échiquier économique.
Bien sûr que l’impact de la crise sanitaire mondiale déclenchée par la Covid-19 est loin d’être négligeable. C’est sans aucun doute l’une des principales causes de ces chiffres. Mais alors, pourquoi les autres pays africains, dont la majorité ont moins de potentialités (sur la plupart des plans) pour contrer la pandémie que l’Algérie, ont pu capter la majorité des IDE ?
Comment ne pas s’interroger, également, sur ce faible pourcentage quand l’un des principaux blocages pour les investissements étrangers en Algérie avait été presque entièrement levé. La règle 49/51 n’était-elle plus applicable qu’aux sociétés exerçant les activités d’achat et de revente de produits ainsi que les activités de production de biens et de services revêtant un caractère stratégique pour l’économie nationale ! Avec ce changement radical par rapport à une situation qui perdurait depuis 2009, il fallait bien s’attendre à une ruée sur l’Algérie. Mais, finalement, ça n’a pas été le cas. Le rapport de la Cnuced, à défaut d’électeurs sanctionnant les politiques du gouvernement, sonne une sentence sur ce qui a été fait à ce jour, ou plutôt ce qui n’a pas été fait. Si la décision d’annuler la règle 49/51 se voulait comme une proposition aux investisseurs étrangers de prendre «l’aile ou la cuisse», au final, le choix a été carrément «ni l’un ni l’autre». Désaveu clair.