Lors de sa rencontre périodique avec les médias diffusée avant-hier sur les chaînes de télévision publique, le Président Tebboune a abordé plusieurs sujets. Parmi ces derniers, deux symbolisaient des renoncements. Le premier concernait le très controversé avant-projet de loi portant sur la déchéance de la nationalité algérienne, présenté, il y a un peu plus d’un mois, par le ministre de la Justice. Le Chef de l’Etat a donc tranché. L’avant projet est donc retiré pour « malentendu » et « incompréhension ».
L’autre renoncement est en relation avec le 7e art. Interpellé par le journaliste de « L’expression » sur la suppression, lors du dernier remaniement gouvernemental, du secrétariat d’État chargé de l’industrie cinématographique, le président s’est retrouvé à justifier la décision. Comme justificatif, Abdelmadjid Tebboune a lâché un aveu : « Malheureusement, je n’ai pas su communiquer la flamme à ceux qui en étaient en charge. » Une réaction inédite sur une « disparition » que personne de l’Exécutif n’avait expliqué à ce jour. Le président n’ira pas jusqu’à affirmer que c’était une erreur de casting, mais ce n’en était pas loin. « Je ne blâme personne, mais, sincèrement je n’ai pas trouvé qui fera parvenir le flambeau au chaudron » a-t-il, de manière indirecte, critiqué celui qui a occupé le poste de Secrétaire d’État chargé de l’industrie cinématographique.
Le passage de Youcef Sehairi à la tête de ce département sur lequel beaucoup d’espoirs ont été mis aura été, de l’aveu même du Président, un échec. Ce département gouvernemental, qui aura duré plus de 14 mois (du 4 janvier 2020 au 21 février 2021), aura brillé ainsi par son inexistence sur le terrain, et par la « sentence » de Abdelmadjid Tebboune. C’est tout ce que l’histoire retiendra de ce secrétariat qui aurait pu remettre en selle le 7e art en Algérie. Evidemment, il ne faut pas omettre que Youcef Sehairi s’est retrouvé responsable d’un secteur quasiment en même temps que le début de la pandémie, et avec à la clé la diminution drastique des recettes du pétrole. Un double handicap qui ne pouvait, certes, que restreindre ses activités, mais les faits sont là. Une chance inouïe de faire renaitre le cinéma algérien a été ratée, et le nom de Sehairi sera lié à ce ratage. Le « destin » aura voulu qu’il n’y ait ni concrétisation de projets, ni flamme ni flambeau. L’ex-membre du gouvernement a néanmoins la possibilité de remettre sa casquette d’acteur, mais le cinéma va devoir attendre surement longtemps de se retrouver dans l’Exécutif.