Entre la mise en place, le 20 septembre dernier, de la plateforme numérique, servant à réceptionner les inscriptions des opérateurs, et les premiers dépôts de demandes d’agrément pour l’importation de véhicules neufs ou l’industrie automobile, il s’est déjà écoulé au moins trois mois de la période post-cahiers des charges contenant le nouveau dispositif réglementaire pour chacune des deux activités, sans que des signes viennent annoncer la fin de cette léthargie sans précédent qui s’est emparée du secteur durant cette année 2020. Une année à mettre aux oubliettes aussi bien pour les professionnels que pour les citoyens qui avaient pourtant osé espérer des jours meilleurs, notamment après la décision prise par le gouvernement d’autoriser à nouveau l’importation de véhicules neufs et la réhabilitation du métier de concessionnaire.
Au sortir d’une industrie de bricolage, qui s’est soldée par, entre autres, des scandales financiers ayant mené les responsables des usines en prison, le secteur automobile en Algérie s’est retrouvé face à une pénurie qu’il n’avait jamais vécue depuis l’ouverture du marché il y a une vingtaine d’années. Les cahiers des charges se sont fait attendre pendant plusieurs mois, et depuis août, date de leur publication sur le Journal Officiel, le premier responsable du secteur s’est contenté d’annoncer le nombre de demandeurs d’agrément pour l’une ou l’autre activité, sans plus.
Début octobre, Ferhat Aït Ali évoquait le nombre de 113 demandeurs d’agrément déjà enregistrés par son département. Un chiffre mis en exergue pour dire surtout que les professionnels de l’automobile acceptent les nouvelles règles et servir aussi de réponse à ceux qui jugeaient les nouveaux textes trop contraignants. S’en est suivi l’annonce seulement de la création puis l’installation de deux comités interministériels pour examiner et suivre respectivement les dossiers relatifs à la construction de véhicules et ceux portant sur l’importation de véhicules neufs. Ils sont composés de représentants des ministères de l’Industrie, des Mines, des Finances et du Commerce. Depuis, aucun signe sur le dossier, et encore moins à propos des opérateurs ayant décroché l’agrément demandé, alors que la réponse à leur demande devait intervenir 30 jours après son dépôt. Autrement dit, le délai que doivent attendre ces derniers est déjà largement dépassé sans que les services concernés se sentent dans l’obligation de respecter le deadline.
L’année 2020 s’achève pour le marché automobile comme elle avait commencé, c’est-à-dire dans une pénurie qui a privé le citoyen d’acquérir un véhicule, qui a permis au marché de l’occasion de flamber au plus fort des cours, mais aussi à des centaines d’employés des usines à l’arrêt de trouver un poste dans un nouveau projet. Quant au gouvernement, il pourra toujours se réjouir d’avoir pu économiser quelque 2 milliards de dollars qu’il aurait dépensé pour l’importation de kits d’assemblage par des usines toujours en activité ou pour des importations de véhicules neufs qui auraient été entamées. Qu’en sera-t-il en 2021 ?