Le contrat de Lionel Messi avec ses sommes folles, fait polémique depuis les révélations d’El Mundo. Pour certains, il est la cause de la «ruine du Barça». Cependant, il y a aussi des raisons à ces montants. Neymar, Manchester City ou encore l’impact financier de Messi n’y sont ainsi pas étrangers.
Les chiffres ont de quoi faire tourner les têtes. Le contrat pharaonique de Lionel Messi, qui touche «555.237.619 euros bruts sur quatre saisons (…) jusqu’à son expiration, le 30 juin prochain» selon El Mundo, a illustré la folie dépensière de la planète football ces dernières années. Pour beaucoup, ce deal monstrueux explique les difficultés financières d’un Barça dans le rouge alors qu’il a annoncé la semaine passée compter une dette totale de 1,173 milliard d’euros.
Il est alors tentant de jeter la pierre aux dirigeants catalans, coupables d’avoir offert de telles sommes à l’Argentin. Ce contrat «ruine le Barça», a résumé El Mundo. Difficile de donner tort au quotidien généraliste espagnol au vu des bilans du club barcelonais dont la dette ne cesse de croitre. Josep Maria Bartomeu, le président catalan au moment de la signature, n’a peut-être pas mesuré l’impact total de ce deal sur les comptes de sa formation. Pourtant, il faut aller plus loin. Et se rappeler déjà du contexte de l’époque pour expliquer les origines de ces sommes folles.

2017, UNE ANNÉE MARQUÉE PAR LE DÉPART DE NEYMAR
Petit retour en arrière. Lionel Messi a signé son nouveau bail le 25 novembre 2017. Une année charnière pour le Barça. A l’époque, l’Argentin, qui gagnait déjà 23 millions d’euros par an depuis 2014, n’avait plus qu’un an de contrat. Et tout pousse alors les dirigeants catalans à frapper fort pour conserver leur star aux multiples Ballon d’Or qui a encore de nombreuses belles années devant lui.
A cette période, le Barça, qui vu la Liga et la C1 lui échapper, connait en effet quelques remous liés à la perte de Neymar, que le PSG a chipé en payant la clause libératoire (222 millions). Il faut envoyer un message aux socios. Et ça tombe bien, l’écurie catalane présente des comptes florissants après avoir annoncé en juillet des chiffres records avec 708 millions d’euros de recettes pour l’exercice économique 2016-17.
Cette année-là, l’institution barcelonaise a même fait baisser sa dette de 24,5 millions. En clair, les voyants sont au vert pour se permettre quelques folies avec son principal joyau. Mais il y a aussi et peut-être surtout, l’ombre pesante de Manchester City qui peut expliquer les hauteurs atteintes par le dernier contrat de Messi.

LA PRESSION DE MANCHESTER CITY
En 2017, les Citizens rêvent d’associer à nouveau Pep Guardiola, qui a rejoint en 2016 le club du nord de l’Angleterre, et Lionel Messi. Et sont disposés à casser leur tirelire, malgré les contraintes du fair-play financier pour attirer la Pulga dont le contrat arrive à son terme. Les rumeurs sont légion avec des chiffres qui donnent le tournis. Mais ce ne sont pas que des rumeurs. Quelques mois après en novembre 2018, le quotidien El Mundo, déjà lui, a eu accès aux détails de l’offre mancunienne. Et là aussi, c’est impressionnant.
En 2017, Manchester City était prêt à lever l’option d’achat de Messi (250 millions d’euros) et lui proposer un salaire de 50 millions d’euros nets sur cinq ans, avec une prime à la signature de 50 millions d’euros, selon les révélations d’El Mundo. Mieux si le natif de Rosario arrivait libre un an plus tard, City était disposé à monter jusqu’à 60 millions d’euros en salaire. Sans les primes ou les variables bien sûr. Ce pont d’or a forcément mis la pression sur le Barça qui est monté un peu plus haut pour garder son génie argentin (ndlr : à 74,9 millions euros de salaire net selon El Mundo). Trop peut-être. Mais quand on tient une poule aux œufs d’or, il est difficile de se faire à l’idée de la perdre.

100 MILLIONS D’EUROS DE BÉNÉFICE RIEN QUE SUR LUI
Il ne faut en effet pas oublier que Messi est bien une machine à cash pour le club blaugrana. Si le Barça a généré le plus de revenus sur la planète football la saison dernière avec 715,1 millions de recettes selon le cabinet d’audit anglais Deloitte, le sextuple Ballon d’or y est pour beaucoup. «Leo génère beaucoup plus de revenus que ce qu’il ne coûte. Nous avons fait faire une étude et il génère un tiers des revenus totaux du Barça», a ainsi affirmé l’ex-président et candidat Joan Laporta, dans des déclarations à la radio catalane Rac1 lundi.
Ces propos vont dans le sens d’une étude réalisée par Marc Ciria, financier et associé fondateur de Diagonal Inversiones. «Messi est fondamental dans les revenus du Barça. J’ai pu analyser combien il rapporte au club. Et si son salaire est de 140 millions d’euros brut, le Barça fait au minimum 100 millions d’euros de bénéfice rien que sur lui», lance le financier à l’agence espagnole EFE.
Il n’est pas alors illogique que Messi récupère une partie de ce qu’il rapporte au club. «Laisser entendre que le Barça est ruiné à cause de Messi est une conclusion absolument erronée», s’agace même Victor Font, autre candidat à la présidence du Barça dans un entretien sur la radio Onda Cero. Le vrai souci du club n’est en fait peut-être pas uniquement le salaire de Messi. Mais d’autres gestions hasardeuses, comme l’activité du Barça sur le marché des transferts depuis des saisons.