En ces temps moroses, où la canicule, le manque d’eau et la propagation de la Covid-19 envahissent le quotidien des Algériens, une bonne nouvelle est toujours bonne à prendre. C’est devenu tellement rare qu’il faut le signaler. La publication, hier, par le quotidien El Watan, des résultats préliminaires de la première étude d’évaluation des 4 vaccins utilisés en Algérie est très significative. En premier lieu, elle vient donner une autre image du corps médical local. Ce dernier n’est plus «cloîtré» dans ses efforts ponctuels pour soigner les patients, ni dans le burn-out constaté chez bon nombre de médecins. En parallèle, il y a un travail. Cette fois, il n’est pas uniquement dans les discours, mais c’est affiché avec un travail concret. Ne plus dépendre des études étrangères pour avoir une idée sur l’impact de tout ce qui se fait dans la lutte contre la pandémie est un acquis à mettre en valeur. C’est tellement rare – que ce soit en médecine ou dans un autre secteur – qu’il est impératif de le signaler.
Ceci n’est qu’un des aspects positifs des résultats préliminaires de cette étude. L’autre satisfaction est ce qui en est sorti. Ainsi, cette première étude d’évaluation des 4 vaccins utilisés en Algérie (le russe Sputnik V, les deux chinois Sinovac et Sinopharm, et le britannique AstraZeneca), initiée à l’hôpital de Beni Messous, indique qu’il y a eu une réponse immunitaire satisfaisante pour chaque type. Un résultat rassurant pour les Algériens, de plus en plus nombreux, à avoir sauté le pas, celui de se faire vacciner. C’est également une manière d’inciter les récalcitrants à en faire de même.
Toutefois, il n’est pas question d’euphorie. C’est encore au stade «préliminaire». Il reste encore la validation des résultats définitifs de cette étude qui devront «normalement» être publiés dans deux mois. Une période d’attente qui rappelle un autre rendez-vous, celui confirmé dernièrement par le ministre de l’Industrie, Abderrahmane Benbahmed. Et il est d’une grande importance. La production, à partir de septembre prochain, par Saidal, de 2,5 millions de doses de vaccins anti-Covid (Sputnik V et Sinovac) par mois. Cette rencontre «temporelle» sera un véritable repère pour «juger» le travail réalisé par les responsables du secteur sanitaire en Algérie.
Des perspectives qui peuvent donner de l’espoir, mais c’est encore conjugué au futur. Deux mois à attendre pour pouvoir voir plus clair dans la campagne lancée depuis janvier dernier et pour espérer ne pas avoir de pénurie. Entre-temps, le nombre quotidien des contaminations est à trois chiffres, celui des décès ne cesse d’augmenter et la peur grandit de plus en plus.