Les résultats sont comme une corde qui tient le couperet de la guillotine. Quand ils sont mauvais, le couperet lâche prise et c’est la tête de l’entraîneur qui est « tranchée ». En Ligue 1 algérienne, le fil semble mince entre la prise de fonction et l’éviction. On est arrivé au point où certains clubs comme la JS Kabylie et l’USM Alger ont consommé trois entraîneurs en l’espace de 7 journées. C’est pour mesurer l’instabilité et se rendre compte de l’ampleur de la bêtise et du bricolage.

Samedi, Bilel Dziri était le 9e entraîneur à être démis de ses fonctions. Le week-end passé lui a été fatal et la lourde défaite 5 buts à 1 infligée par l’ES Sétif au CA Bordj Bou Arréridj létale. Ainsi, l’ancien joueur de l’USM Alger a vu son 2e passage à la tête de la barre technique prendre fin après 10 rencontres dirigées depuis son retour le 5 mars dernier. La posture des « Criquets Jaunes » (derniers avec 2 points) peut, dans une certaine mesure, justifier cette décision de l’employeur. Mais il y a des exemples qui ne peuvent que susciter l’étonnement et l’affliction laissant la forte impression que notre football est entre les mains des mauvaises personnes.

La palme à l’USMA et la JSK
L’illustration la plus édifiante reste celle de la JS Kabylie et son président Chérif Mellal qui a déjà opéré deux changements sur le banc. C’est le Tunisien Yamen Zelfani qui avait préparé l’équipe avant d’être remercié au bout de 3 journées. Par la suite, c’est Youcef Bouzidi qui a débarqué. Mais lui aussi n’a pas fait long feu, puisque Mellal a jugé nécessaire de faire venir un driver de renom en désignant Denis Lavagne. Pourtant, Bouzidi n’a pas réalisé de mauvais résultats lors de sa pige. Le chairman des «Canaris» s’est juste fait un kiff au risque de casser la dynamique retrouvée par son avant-dernier choix.
A l’USM Alger, c’est François Ciccolini qui a fait la « guest star » en voyant sa mission se terminer après une seule rencontre et la défaite en Supercoupe d’Algérie contre le CR Belouizdad. Motif du licenciement : non-respect du protocole des remises des médailles et des officiels présents lors de la cérémonie.
Après coup, la direction usmiste avait confié les rênes technique à son assistant Bouziane Benaraïbi l’espace de 3 matchs avant de faire appel à Thierry Froger dans la foulée parce que Benaraïbi n’avait pas pu sortir les « gars de Soustara » de la mauvaise spirale. Aujourd’hui, les « Rouge et Noir » sont proches de la zone rouge. Et, quelque part, les erreurs de casting pour ce qui est des entraîneurs sont pour beaucoup dans cette inconstance dans les performances.

La LFP a essayé de juguler l’hémorragie
En plus de Dziri Bilel, Abdelkader Amrani a dû mettre fin à sa collaboration avec le CS Constantine après avoir vu l’AS Aïn M’lila venir s’imposer (0-1) dans la ville des Ponts Suspendus. Avant lui, ses homologues du NA Hussein-Dey, Nadir Leknaoui, Mohamed Bacha (NC Magra) et Lyamine Bougherara (USM Bel Abbès) ont subi le même sort n’étant pas jugés comme hommes de la situation.
Toutes ces évictions ne sont que le reflet des politiques sans lendemain que les clubs de l’élite algérienne semblent pratiquer depuis belles lurettes. La Ligue de football professionnel (LFP) avait essayé de mettre fin à ce type d’hémorragie en décidant de n’accorder que deux licences chaque saison pour le poste d’entraîneur pour finalement infliger une sanction de 1 million de DA pour l’octroi d’une nouvelle licence. Une mesure qui n’a, décidément, pas dissuadé les présidents de renoncer à ces mauvaises habitudes qui ne privilégient pas le long-terme et la stabilité nécessaire pour tout projet sportif véritable. En plus, ce sont toujours les mêmes têtes qui tournent sur les bancs chaque année. C’est juste l’employeur qui change. C’est pour dire qu’on tourne en rond. Et ce n’est pas ce qui aidera au développement du sport à onze en proie à des agents qui activent leurs leviers pour replacer leurs clients contre de grosses commissions. Le tout avec la complaisance des dirigeants affairistes. C’est pour dire que cette pratique n’est pas sans incidence sur l’état de santé financière global d’une discipline en faillite sportive et économique.