Seddik Chihab, le porte-parole du Rassemblement national démocratique (RND), ne cache pas sa colère au lendemain de l’annonce des résultats préliminaires du renouvellement partiel des membres du Sénat. Il dénonce des pressions subies par les élus du parti. «La concurrence lors de l’élection sénatoriale a été totalement déloyale», a-t-il lancé d’entrée sur un ton des plus colériques, estimant que «les élections se sont déroulées dans un climat très tendu».

«Nous sommes très déçus», lance-t-il relevant que les élus locaux du RND «ont subi beaucoup de pressions, beaucoup de chantages et de partis pris». A la question de savoir qui a fait subir des pressions et exercé un chantage contre des élus du RND, Seddik Chihab se contente d’évoquer «un environnement malsain» lors de scrutin. Interrogé sur les wilayas où les élus du Rassemblement avaient subi le plus de pressions, M. Chihab répond sans tergiverser : «partout». «Partout et dans toutes les wilayas, nos élus ont subi des pressions et du chantage», dénonce-t-il. Pire, Chihab révèle que les pressions «ont commencé bien avant les élections et c’était flagrant». Il citera à titre d’exemple les dépassements au niveau des wilayas d’Oran et de Tlemcen. «Vous avez vu ce qui s’est passé dans ces deux wilayas ? Nos responsables, nos sénateurs, nos députés ont été tabassés», a-t-il fulminé. Toutefois, le porte-parole du Rassemblement ne manquera pas de nuancer ses propos en indiquant que «compte tenu des conditions dans lesquelles le vote s’est déroulé, on est sortis à bon compte».
En effet, dans l’attente de l’annonce des résultats officiels par le Conseil constitutionnel, les données avancées par les partis font ressortir seulement 11 sièges en faveur du RND sur les 48 alors que son premier concurrent, en l’occurrence le FLN s’est adjugé 29 sièges. Autrement dit pratiquement le triple de son résultat, conférant ainsi une majorité au sein du Conseil de la nation pour le FLN. Cette situation, inédite pour le RND, et la faiblesse d’un score jamais obtenu par ce parti, a même fait réagir le secrétaire général du RND, Ahmed Ouyahia, qui a indiqué, sans ambages, qu’il n’était pas satisfait des résultats de son parti, mais qu’il les acceptait tout de même, adressant par la même occasion ses «remerciements aux militants du RND qui ont participé aux élections en toute transparence et avec honneur». Pourtant, la formation d’Ouyahia a fait une campagne des plus offensives auprès de ses élus locaux pour tenter d’amasser un maximum de sièges et garder sa majorité au Sénat. Cette campagne offensive s’est même déclinée à travers l’obtention de certains sièges pourtant très convoités par le FLN à l’instar d’Alger, Blida et de Boumerdès. Mais le résultat est là et cette élection affaiblit désormais le RND qui détenait la majorité depuis des lustres.
Quoi qu’il en soit, le Rassemblement, par la voix de son porte-parole, dit avoir introduit des recours, mais sans trop y croire. Aussi et contrairement aux autres partis ayant animé des conférences de presse pour commenter les résultats, le RND n’a pas l’intention de convoquer la presse. n