Les exportations hors hydrocarbures du pays ont enregistré une forte tendance baissière sur les onze premiers mois du précédent exercice, lit-on dans une note statistique diffusée par l’administration douanière. En effet, les ventes de l’Algérie à l’étranger, exception faite du pétrole et du gaz, ont reculé de 11,7% de janvier à fin novembre 2019. Elles ont totalisé 2,362 milliards de dollars contre 2,675 milliards de dollars à la même période de 2018, dans un contexte d’un repli net de l’activité économique sous l’effet à la fois de la conjoncture politique et des tensions financières que traverse le pays.

Les exportations hors hydrocarbures de l’Algérie ne pesaient ainsi que pour 7,24% dans la structure des exportations globales du pays. Elles amorcent ainsi une forte tendance baissière qui s’explique, probablement, par le contexte politique et financier dans lequel évolue l’activité économique depuis maintenant plusieurs mois. Ces statistiques sont publiées alors que le discours officiel tente de faire croire que le pays se tourne désormais résolument vers la diversification de ses ressources en devises. Ce cap s’est traduit ces derniers mois par la confection d’une stratégie nationale dite de développement des exportations hors hydrocarbures, mais aussi par la mise sur pied, depuis peu, d’un département ministériel dédié au commerce extérieur. Malgré les discours de ces dernières années en faveur du développement des exportations hors hydrocarbures, force est de constater que le pays peine à améliorer ses ventes à l’étranger, faute de mesures claires et efficientes pouvant accompagner le discours politique. Dans les 2,362 milliards de dollars d’exportations hors hydrocarbures enregistrés durant les onze premiers mois de l’année 2019, les produits dérivés des hydrocarbures dominent les statistiques avec, au tableau, 30,99% d’engrais minéraux et/ou chimiques azotés, 18,46% des exportations représentées par les huiles et autres produits provenant de la distillation des goudrons, alors que l’ammoniac anhydre représente 11,75% des exportations hors hydrocarbures. Les exportations de produits manufacturiers et alimentaires restent marginales et ne pèsent que quelques millions de dollars dans la structure globale des exportations hors hydrocarbures. Celles-ci, dont le déclin est de tendance structurelle, alimentent les craintes d’une improbable diversification des ressources en devises, voire d’une contraction plus prononcée de l’économie algérienne car, il s’agit là de la plus longue contraction des exportations d’hydrocarbures et hors hydrocarbures. Les inquiétudes demeurent sur l’essoufflement de l’activité économique, alors que le gouvernement, récemment installé, n’a pas encore levé le voile sur son plan d’action censé remédier à ces tendances baissières et engager, par la même, les réformes structurelles nécessaires et auxquelles n’ont cessé d’appeler les experts et les organisations multilatérales depuis maintenant plusieurs années. Il faut dire que la faiblesse du commerce extérieur de l’Algérie est due essentiellement à l’absence d’une stratégie ciblant les marchés régionaux et internationaux, mais aussi de l’absence d’accords commerciaux avec les espaces économiques régionaux. Du reste, la loi sur la monnaie et le crédit demeure le principal obstacle qui s’érige sur le chemin des exportateurs, en plus du fait que les opérateurs ne sont pas accompagnés par les banques et les assureurs. A ces écueils s’ajoute la faiblesse, voire l’inexistence d’une logistique devant accompagner les efforts en faveur des exportations hors hydrocarbures.