Deux décisions viennent de tomber ces derniers jours. La première émane du comité des opérations de politiques monétaires (COPM) relevant de la Banque d’Algérie. Il s’agit de l’annonce du renforcement des ressources bancaires. La seconde, appliquée hier, concerne l’installation de nouveaux membres du CRTF (cellule de traitement du renseignement financier). Deux «événements» qui ne pouvaient pas passer inaperçus. Au-delà des eaffets d’annonces, ils viennent rappeler l’urgence de remédier aux «dysfonctionnements» (le mot est faible) constatés et subis depuis, au moins, deux décennies. Le renforcement des ressources bancaires est une occasion d’assainir un secteur coupable d’avoir été le terrain de prédilection d’une maffia qui n’avait que trop duré. C’est qu’il est question de redémarrer sur de nouvelles, et bonnes, bases pour lutter contre le blanchiment d’argent, les passe-droits et tous les fléaux financiers qui ont gangrené le pays. Les derniers procès des ex-nababs, que les Algériens suivent de près, sont là pour démontrer à quel point l’Algérie a été «sucé» de ses avoirs avec tous les crédits octroyés aux ayants «non-droits». Sauver l’économie du pays passe par le sauvetage du secteur bancaire et un assainissement concret est d’une grande nécessité. Elle l’est d’autant plus que la crise financière est bien perceptible avec un horizon qui est loin de s’annoncer prospère.
Aussi, le renforcement de l’équipe du CRTF ne pourra qu’être bénéfique dans cette lutte, bien difficile certes, contre les fléaux que sont le blanchiment de capitaux et la corruption. Faut-il rappeler que le renseignement financier est une question de souveraineté nationale! Leur propagation à tous les niveaux a fait tellement de dégâts que nous ne cessons pas d’en subir les conséquences. Tous les secteurs ont été touchés, et à tous les niveaux. Le constat est là. Il reste maintenant à mettre en oeuvre les «ambitions». Il y va de la crédibilité de l’État.