La présentation de l’avant-projet de Loi de finances faite par la ministre des Relations avec le Parlement, Basma Azwar, ce lundi à la Commission des finances et du budget de l’Assemblée populaire nationale (APN), était remplie de chiffres donnant une «idée» sur l’Algérie de 2021. La baisse des réserves de change à moins de 47 milliards de dollars n’était pas surprenante. Les recettes de cette année 2020 ne pouvaient pas être conséquentes. La Covid-19, à l’instar des autres pays, a mis de côté tous les plans de relance économique préparés après l’élection présidentielle du 12 décembre 2019. Toutefois, l’expérience cumulée depuis le 23 mars dernier – jour où le Haut-conseil de sécurité avait pris les premières mesures pour arrêter la progression de la pandémie dans le pays- va devoir être un repère dans toutes les prévisions qui devraient toucher tous les secteurs.
Ne pas oublier 2020 c’est préparer cette décennie dans les meilleures conditions possibles. Les chiffres sont là pour démontrer que, même si ce n’est pas catastrophique, la situation est vraiment alarmante. Avec moins de 47 milliards de dollars, ces réserves de change représentent 16,2 mois d’importations de biens et services, non liés aux facteurs de production. Une période de «survie» bien maigre. Avec tout ce qui se passe dans le monde, et surtout à nos frontières, tous les scénarios sont possibles. D’où l’importance que tout le monde devrait accorder à une autosuffisance multi-secteurs. Les exemples de pays étranglés par les multiples crises, engendrées par les conséquences des embargos décidés unilatéralement par la «communauté internationale», sont là comme exemples à éviter. L’autosuffisance concerne évidemment la sécurité alimentaire, mais il ne faut pas oublier les autres «paramètres» indispensables pour l’économie des pays.
Pour cela, l’Algérie se retrouve dans l’obligation de trouver des solutions avant tout internes dans l’espoir de ne plus dépendre des desiderata de «partenaires» pour qui les intérêts priment sur tout. La globalisation subie par tous les pays est impitoyable face aux «faibles». C’est que l’une des formes de la force consiste avant tout en cette autosuffisance multi-secteurs…