«Heureux ceux qui vivent au service des autres, au service de la patrie, heureux ceux qui meurent sur le sentier du devoir, ceux qui conquièrent le graal de l’immortalité dans la mémoire des hommes et dans la félicité promise aux martyrs du devoir.»

Ce sont les premiers mots de la ministre malienne de la Culture, Ndiaye Ramatoulaye Diallo, adressés aux familles des disparus du 11 avril passé et à toute la nation algérienne, lors de son discours à la cérémonie d’ouverture de la 4e édition du Salon international de la créativité, où le Mali est l’invité d’honneur.
La ministre malienne de la Culture   a aussi transmis au président Abdelaziz Bouteflika et à tout le peuple algérien, au nom du président malien Aboubakar Keita et au nom de tout le peuple malien un message qui souligne que «le Mali partage votre deuil et le Mali s’associe à vos prières pour que le repos éternel soit l’ultime rétribution de l’âme des disparus».
Lors de son allocution, la ministre malienne a également rappelé les liens d’amitié, historiques et de coopération qui lient l’Algérie et le Mali en déclarant : «C’est dans l’adversité que l’on reconnaît ses amis, face à l’adversité, le Mali a toujours eu à ses côtés l’Algérie.»
A propos de la participation de son pays à cette 4e édition, consacrée à la créativité, Ndiaye Ramatoulaye Diallo a affirmé que le Mali fait entièrement siens les objectifs du Salon international de la créativité d’Alger pour deux raisons fondamentales. La première est que «pour nous, l’entreprenariat culturel et la créativité  artistique sont la meilleure réponse et antidote aux discours fanatiques et au péril de la pensée unique, qui menace la survivance de l’esprit de la tolérance, du respect de la liberté  de l’autre et des valeurs culturelles», souligne-t-elle. Tout en affirmant : «Nos créateurs de tous les arts sont notre premier rempart contre l’obscurantisme et les dérives qu’il engendre.»
30% du PIB grâce à l’industrie créative
Le second objectif évoqué par la ministre de la Culture est la nécessité de développer l’industrie culturelle et artistique. La ministre malienne estime «qu’il s’agit du domaine économique, sécuritaire, climatique ou même sanitaire, les défis auxquels l’Afrique fait face relèvent davantage d’une  question de créativité que d’une  absence de solution. Notre défi premier, c’est la créativité collective dans la mise en œuvre de solutions collaboratives et innovatrices en phase avec les besoins et les intérêts réciproques de nos pays». Citant en exemple les ambitions de son pays, elle déclare : «Au Mali, nous avons la conviction que l’industrie de la culture pourrait contribuer  jusqu’à 30%  de notre PIB. L’un des défis actuels est de convertir ce potentiel en  richesse et en emplois pour notre jeunesse et nous avons entrepris de le convertir à travers des projets majeurs.» Concernant le partenariat avec l’Algérie, la ministre malienne de la Culture a annoncé solennellement : «Nous serons très heureux de mettre en partage nos bibliothèques de manuscrits anciens.» Elle a conclu en s’adressant aux artistes et créateurs présents en déclarant : «Chers créateurs, l’homme ne vit pas que de pain, c’est de votre créativité que se nourrit notre mémoire, notre intelligence sociale, notre humanité et notre foi en l’avenir.»S. B.