Neuf nouveaux corps de migrants ont été repêchés en Méditerranée après le naufrage dimanche d’une embarcation au large de la Tunisie, portant le bilan des victimes à 11 morts et plusieurs disparus, a indiqué lundi à l’AFP la garde nationale maritime. Les corps d’une femme et d’un bébé avaient été retrouvés dès dimanche au large de Sfax, dans le centre-est de la Tunisie, tandis que sept personnes, cinq hommes et deux femmes, avaient été secourues. Selon les témoignages des survivants rapportés par les autorités, environ 25 migrants originaires d’Afrique subsaharienne, dont des femmes et un bébé, se trouvaient à bord de cette embarcation à destination de l’Italie. Neuf autres corps ont été retrouvés depuis dimanche soir, a indiqué Houcem Eddine Jebabli, porte-parole de la garde nationale, sans pouvoir préciser leur identité ni le lieu de départ de l’embarcation. Des unités de la garde maritime poursuivent leurs recherches au large de Sfax pour retrouver d’autres migrants, morts ou vivants, a-t-il ajouté. Après un pic des départs de Tunisie en 2011, suivi d’une forte chute, les tentatives d’émigration illégale augmentent à nouveau depuis 2017, le pays étant secoué par l’instabilité politique et durement frappé par la pandémie de nouveau coronavirus qui a entraîné une flambée du chômage. Le ministère de l’Intérieur a annoncé dimanche avoir empêché dans la nuit de samedi à dimanche 32 traversées clandestines et arrêté 262 personnes âgées de 15 à 44 ans, dont deux ressortissants de pays d’Afrique subsaharienne. Au péril de leur vie, des milliers de migrants notamment des maghrébins et des subsahariens tentent régulièrement la traversée de la Méditerranée sur des embarcations clandestines, essayant de rejoindre l’Europe où ils espèrent trouver du travail et des perspectives. Depuis le début de l’année 2020 et jusqu’à mi-septembre, 8.581 personnes ont été interceptées alors qu’elles tentaient de rejoindre l’Europe par la mer depuis les côtes tunisiennes, selon des statistiques du ministère de l’Intérieur. Parmi elles, 2.104 étaient étrangères. Lors d’une visite en août à Tunis, le ministre italien des Affaires étrangères Luigi Di Maio, avait averti qu’il n’y aurait plus de place pour les migrants arrivés illégalement en Italie, après avoir annoncé des opérations de rapatriement des Tunisiens à partir du 10 août.