Les Nations unies s’apprêtent à missionner de nouveaux envoyés spéciaux pour le conflit libyen. Leur Secrétaire général, Antonio Guterres, a proposé pour cette responsabilité d’intermédiation entre les parties libyennes belligérantes la candidature de Nicolay Mladenov.

Ce diplomate bulgare devrait remplacer le Franco-Libanais Ghassan Salame après le soutien attendu du Conseil de sécurité à l’issue de sa réunion mardi. Coordonnateur spécial pour le processus de paix au Moyen-Orient, dans les milieux de la diplomatie onusienne, il était surtout connu pour avoir occupé le poste de coordonnateur spécial des Nations unies pour le processus de paix au Moyen-Orient. Il était donc représentant personnel du Secrétaire général auprès de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) et de l’Autorité palestinienne. Il a également été auparavant Secrétaire général adjoint des Nations unies et son représentant pour le dossier irakien après avoir occupé dans son pays les postes de ministre des Affaires étrangères (2010-2013) et de la Défense (2009-2010).
Pour le processus israélo-palestinien, Antonio Guterres a proposé la candidature du Norvégien Tor Wennesland qui remplace le Bulgare Mladenov. M. Wennesland, ancien ministre des Affaires étrangères de la Norvège, est réputé bien connaître le dossier du conflit israélo-palestinien et d’avoir mené en tant qu’envoyé spécial de l’ONU plusieurs missions d’intermédiation, notamment entre l’Autorité palestinienne à Ramallah et le Hamas dans la bande de Ghaza. Son nouveau mandat s’avère des plus difficiles en ce moment de poursuite de la colonisation israélienne en Cisjordanie et de soutien jamais vu auparavant de l’administration américaine de Donald Trump à Washington de cette politique d’expansion doublée de normalisation des relations avec plusieurs états arabes.

Quid du Sahara occidental ?
Aucune indication n’est pour l’instant disponible sur la candidature du prochain remplaçant de l’Allemand Horst Köhler alors que le dossier sahraoui a connu récemment une évolution importante avec l’annonce de la reconnaissance par le président américain Trump de la marocanité du territoire au mépris des résolutions onusiennes. A ce sujet, la représentation du Front Polisario auprès des Nations unies a appelé, lundi, l’ONU à «appliquer ses propres résolutions» concernant la décolonisation du Sahara occidental. «Le peuple sahraoui, qui a repris sa lutte de légitime défense contre l’occupation marocaine de certaines parties de son territoire, compte toujours sur l’ONU pour appliquer ses propres résolutions concernant la décolonisation du Sahara occidental», souligne la représentation du Polisario dans un communiqué rendu public à l’occasion de la commémoration du 60e anniversaire de la Résolution 1514 (XV) de l’Assemblée générale des Nations unies portant sur la Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux. «Tous les efforts déployés par les Nations unies et l’Organisation de l’unité africaine (OUA, actuellement l’Union africaine) en vue de parvenir à une solution pacifique et durable à la décolonisation attendue du Sahara occidental se sont heurtés à l’obstructionnisme et au rejet du Maroc», déplore la délégation.
Dans une déclaration à l’APS, la militante des droits de l’Homme, Claude Mangin Asfari, a souligné mardi «l’urgence absolue» de la nomination d’un nouvel envoyé personnel du Secrétaire général de l’ONU au Sahara occidental. «On attend cette nomination depuis 19 mois (…)», a-t-elle indiqué. Pour sa part, selon l’Agence de presse sahraouie (SPS), le ministre italien des Affaires étrangères, Luigi Di Maio, a souligné que la désignation d’un nouvel envoyé personnel du Secrétaire général de l’ONU au Sahara occidental «en cette période précise constituera une évolution particulièrement importante pour la relance du processus de négociation», considérant que «l’unique voie» pour parvenir à une solution définitive au conflit «se trouve toujours dans la voie diplomatique». <