Les problématiques de la diversification des sources d’énergie et l’impératif de garantir la sécurité énergétique du pays reviennent sur le devant de la scène, 49 ans après la nationalisation des hydrocarbures. Le Premier ministre, Abdelaziz Djerad, qui présidait, à Hassi Messaoud, la cérémonie de commémoration de la nationalisation des hydrocarbures, reconnaît que les défis auxquels est confronté le pays ne sont guère des moindres.

Il s’agit à la fois, selon lui, d’économiser de l’énergie, de diversifier les sources d’énergie et de produire plus d’énergie ; un triple objectif que se fixe son gouvernement afin de mieux réduire les pressions auxquelles fait face le pays à moyen et à long terme. A ce propos, le Premier ministre, Abdelaziz Djerad, a fait état, à la même occasion, d’une stratégie nationale pour une transition énergétique fluide visant à développer et à porter la production des énergies renouvelables à 16 000 mégawatts à l’horizon 2035. Cette stratégie vise, selon lui, la production de 4 000 mégawatts à l’horizon 2024 et de 16 000 mégawatts à l’horizon 2035, mais aussi une économie de 240 milliards m3 de gaz naturel. L’un dans l’autre, «s’affranchir de la dépendance aux hydrocarbures et aller vers les énergies renouvelables n’est plus un choix pour le gouvernement, mais une nécessité impérieuse, vu les fluctuations des cours du pétrole», a souligné le Premier ministre. Ce dernier semble se rendre à l’évidence que, 49 ans après la nationalisation des hydrocarbures, la dépendance des hydrocarbures ne fait que s’aggraver et que le développement économique tant attendu risque de ne pas venir de la rente, dans
les années à venir, mais des capacités du gouvernement à proposer des solutions alternatives au tout-hydrocarbures qui était jusqu’ici l’unique stratégie économique des précédents gouvernements. Le développement des énergies renouvelables en est une, à en croire le Premier ministre. Cependant, face au déclin des réserves en hydrocarbures conventionnels, en témoignent les statistiques de production communiquées par Sonatrach depuis 2006, le gouvernement n’a de choix que de baliser le terrain, aussi bien en lois qu’en stratégies dédiées à l’investissement, à la concrétisation des politiques en matière de soutien aux énergies renouvelables, d’efficacité énergétique et de diversification des sources d’énergies. Selon les experts, les plus optimistes parmi eux estiment qu’à l’horizon 2030, les niveaux de production d’hydrocarbures correspondraient aux niveaux de consommation interne, ce qui neutraliserait les capacités du pays à exporter son pétrole et son gaz. Cette perspective met en péril les capacités du pays à garantir des revenus en devises à son économie, dont les deux tiers du budget sont tributaires d’une bonne rentabilité du baril de Brent, alors que ses équilibres budgétaires et extérieurs sont conditionnés par un baril de pétrole supérieur à 100 dollars. En deux mots, l’économie algérienne reste entièrement dépendante des hydrocarbures, à l’heure où le pays fête les 49 ans de nationalisation de ses richesses, et le paramètre de référence de cette dépendance est le prix du baril du pétrole. Les experts estiment que les principaux paramètres de vulnérabilité de l’Algérie correspondent aux taux de croissance de la consommation interne par rapport à celui de ses réserves et de ses capacités de production à long terme. Or, les niveaux de production en hydrocarbures conventionnels évoluent à la baisse depuis maintenant une décennie, alors que le rythme de la consommation interne évolue à vive allure. D’où la nécessité, selon le Premier ministre, d’aller vers une diversification des sources d’énergie dans les plus brefs délais, tant il est vrai que le pays risque, à moyen terme, de ne plus pouvoir honorer ses engagements en matière de fourniture de gaz naturel et de pétrole à ses clients. La question de la sécurité énergétique du pays se pose désormais avec acuité, alors que l’objectif de développement économique posé à l’heure des grandes nationalisations, il y a de cela 49 ans, n’a pas été encore entièrement concrétisé. n