Brillante, c’est ainsi que l’on pourrait qualifier la participation algérienne au Championnat arabe 2021
de natation qui s’est tenu à Abu Dhabi (Émirats arabes unis) du 24 au 27 octobre. Jaouad Syoud
(4 médailles d’or) et Abdellah Ardjoune (3 médailles d’or) ont outrageusement dominé leurs courses
dans la piscine Mohamed Ben Zayed en montant sur le podium au terme de chacune de leurs 7 courses.

Par Mohamed Touileb
Pour des raisons financières, la Fédération algérienne de natation (FAN), a décidé d’envoyer deux nageurs seulement. Quand on sait que le prix du billet dépassait les 400 milles dinars (2500 euros), on comprend l’incapacité à participer avec un nombre plus conséquent d’athlètes.
En effet, Lamine Ben Abderrahmane, directeur des équipes nationales (DEN), avait préalablement précisé que « l’instance fédérale s’est contentée d’engager deux nageurs de la catégorie des seniors qui sont également concernés par les Mondiaux et les Jeux méditerranéens d’Oran. Des nageurs ont préféré participer à d’autres compétitions internationales. C’est la deuxième compétition de la saison. Le point négatif, c’est que nous avons pris part à deux compétitions en une période de temps très rapprochée, à savoir les championnats d’Afrique et championnats arabes ».

Une relève qui progresse
Les délais proches entre le rendez-vous africain et celui régional n’ont pas empêché l’Algérie de frapper un gros coup dans les bassins émiratis. Syoud, triple médaillé aux Championnats d’Afrique 2021 au Ghana, a glané 4 médailles d’or : 200m quatre nages (1:57.67), le medley du 400m (4:12.73), le 200m papillon (1:55.69) et le 100m quatre nages en 54.36. Chacun de ses chronos correspond à un nouveau record national.
Pour sa part, Ardjoune (19 ans), est monté sur la plus haute marche du 50m dos, le 100m dos (54:24) et le 200 m Dos (2:01.00). Âgés respectivement de 21 et 19 ans, les deux nageurs représentent l’avenir de la natation Dz qui est en train de se restructurer et progresser d’une manière significative.

Boughadou pointe le « manque de moyens »
D’ailleurs, Mohamed Hakim Boughadou, patron de la FAN, nous a déclaré que « malgré le manque de moyens on a pu répondre présents. Il a fallu s’endetter pour permettre aux gars de se rendre aux E.A.U. La Fédération de gymnastique nous a octroyé un emprunt. Aussi, l’agence de voyage a accepté qu’on paie la moitié des frais et l’autre en crédit. J’ai de la peine pour les jeunes qui n’ont pas pu être du voyage. Ils auraient pu réaliser de bons résultats. Mais c’est comme ça. » Cette révélation en dit long sur la «précarité» que vivent les disciplines considérées comme mineures, voire minuscules. Parallèlement, il y a le football qui bouffe tous les budgets et suscite plus d’attention. C’est cette même politique qui gâche des athlètes à fort potentiel. Beaucoup de choses sont à revoir. D’autant plus que les autorités ont promis plus d’équité pour permettre le développement des différentes disciplines. Et la natation fait partie des sports pourvoyeurs de médailles à l’international. Et, aujourd’hui, le haut niveau est ultra-exigeant.