PAR MILINA KOUACI
A l’initiative, des étudiants en médecine générale, en médecine dentaire et en pharmacie, la Coordination nationale des filières de la médecine est née. Les étudiants de ces trois filières lancent un cri de détresse et appellent le ministère de l’Enseignement supérieur à améliorer les conditions pédagogiques dans les universités.
Les étudiants des filières de médecine se sont regroupés dans une Coordination nationale afin de s’imposer comme interlocuteur incontournable et défendre leurs intérêts, indique Abdelkrim Benabdelmalek, vice-secrétaire général de l’Union générale des étudiants libres (Ugel). Elle demande au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique de prendre en charge les revendications des étudiants.
Ces derniers ont décidé de se fédérer dans une seule coordination au lendemain de la protestation des étudiants de médecine dentaire de la faculté de Constantine, qui sont à leur septième semaine de grève.
En grève depuis le 9 janvier dernier, les étudiants des 2e, 3e et 4e années du département de médecine dentaire boycottent les cours et dénoncent ce qu’ils qualifient de conditions pédagogiques «déplorables» et du manque d’encadrement dans les Centres hospitalo-universitaires (CHU). «Les étudiants sont contraints de débourser de leur propre poche pour s’approvisionner en moyens nécessaires pour leur formation», dénonce notre interlocuteur, qui explique que c’est à l’administration de la faculté de s’approvisionner en outils et en matériel nécessaire pour les travaux pratiques. Dans le même contexte, les étudiants demandent d’équiper les laboratoires d’outils nécessaires et d’actualiser le programme pédagogique. Sur un autre volet, les étudiants regrettent «le manque d’hygiène et l’insalubrité constatés dans la faculté dans un contexte de crise sanitaire qui perdure».
Les grévistes, qui sont dans des structures de santé, regrettent le manque d’encadrement, ainsi que leur «spoliation» d’une prime de risque Covid-19. «Ces étudiants sont dans les hôpitaux depuis la propagation de coronavirus et sont exposés aux risques d’infection à la Covid-19, mais ne touchent aucune prime de risque. La vague de colère risque bel et bien de s’étendre à d’autres universités. Ils ont été reçus, jeudi dernier, par le doyen de la faculté, mais la réunion n’a pas abouti. «Nos revendications dépassent les prérogatives du doyen. Nous demandons au ministère d’agir pour atténuer notre calvaire». «Il est possible d’aller vers une grève nationale», menace Abdelkrim Benabdelmalek.

Appel à l’amélioration des prestations universitaires
Le ministère de l’Enseignement supérieur, à travers la direction des œuvres universitaires, essaie d’améliorer la qualité des prestations assurées aux étudiants et la promotion de la vie estudiantine dans les résidences universitaires. Mais des organisations estudiantines ne cessent d’appeler la tutelle à redonner de la valeur aux prestations universitaires dont «la qualité ne cesse de se dégrader». L’Ugel dénonce les conditions de prise en charge des étudiants au niveau des différentes résidences universitaires et en appelle aux responsables du secteur pour intervenir, notamment à Sétif et à Laghouat. Ses deux bureaux locaux dénoncent, en effet, les mauvaises conditions de vie à l’intérieur des cités U. et l’insécurité qui règne à proximité des cités universitaires notamment des filles, et parfois même à l’intérieur.