Par Khaled Remouche
Depuis que les autorités ont donné, en 2020, le feu vert à un redéploiement de Naftal vers les marchés extérieurs, en particulier vers l’Afrique subsaharienne, la filiale à 100% de Sonatrach commence à montrer son agressivité sur les marchés étrangers.
L’investissement à l’étranger et l’exportation correspondent à de nouvelles missions de cette entreprise, spécialisée dans la commercialisation et la distribution de produits pétroliers et dont l’activité était totalement concentrée, auparavant, sur la couverture de la demande locale.
En effet, «plusieurs opérations d’exportation de bitume vers la Mauritanie et le Niger ont été effectuées en 2021 et 2022. En 2021, Naftal a conclu 2 contrats pour l’exportation de bitume vers la Mauritanie et le Niger, l’un de 10 000 tonnes, suivi d’un autre de 30 000 tonnes pour la période 2021-2023. Plusieurs expéditions, totalisant plus de 2 000 tonnes ont été déjà réalisées dans le cadre de ces contrats, indique Mohamed Kecheroud, Directeur central de Business Développement et Marketing à Naftal. Naftal a également conclu un contrat pour la livraison de 13 000 tonnes de bitume pour la Mauritanie. Une quantité de 1 200 tonnes de bitume a déjà été effectuée. A noter que le bitume, un produit à prix libre et non subventionné, est produit dans la raffinerie d’Arzew. Il faut savoir que Naftal ne peut exporter que les services et les produits dont les prix sont libres. Elle ne peut pas exporter les produits subventionnés, tels les carburants et les GPL. Naftal contribue conjointement avec Sonatrach dans l’approvisionnement de la Tunise en GPL, en assurant l’enfutage et le transport d’une quantité annuelle de 18 000 tonnes. Concernant les services, Naftal est sur le point de signer des conventions avec plusieurs sociétés des pays d’Afrique subsaharienne pour la formation de leurs cadres dans les métiers de base de Naftal, ainsi que pour l’expertise et l’audit des installations pétrolières, particulièrement les dépôts de stockage et les laboratoires d’analyses de qualité.
Contrat pour la livraison de 100 conteneurs made in Algeria
Il convient de noter ici que toutes ces opérations d’exportation ont pu être réalisées en dépit de l’écueil logistique. Il a fallu que la voie maritime soit ouverte par la Cnan vers la Mauritanie pour que soit assurée une augmentation des quantités livrées. A cette fin, «Naftal a signé un accord avec Ferrovial pour la livraison de 100 conteneurs fabriqués dans son usine à Annaba», a indiqué Mohamed Kecheroud.
Elle se dote ainsi d’une capacité d’exportation d’au moins 2 000 tonnes via ces conteneurs. La voie terrestre n’est pas non plus sans embûches. Pour que les camions de l’entreprise de Transport Logitrans acheminent ces quantités de bitumes, il faut rouler sur des centaines de kilomètres de pistes en territoire nigérien. Au tableau rose, côté logistique, la réalisation d’un dépôt de produits pétroliers à Tamanrasset permettra aux clients maliens et nigériens de s’approvisionner en produits pétroliers algériens. Cette installation raccourcit ainsi les distances pour ses clients.
Enfin, il faut signaler que ces actions d’exportation se sont effectuées non sans contraintes.
A cet égard, Mohamed Kecheroud déplore l’absence de banques algériennes en Afrique subsaharienne, notamment au Niger et en Mauritanie. Ce qui a posé des problèmes de swift. «Naftal a dû recourir à des intermédiaires pour pouvoir récupérer les versements effectués par ses clients. Ce qui constitue un surcoût pour l’entreprise», selon Mohamed Kecheroud qui rappelle enfin que Naftal est la seconde plus importante entreprise en Algérie après Sonatrach avec un chiffre d’affaires de 3,7 milliards de dollars. <