Par Bouzid Chalabi
La stratégie de développement de la société Naftal a été dévoilée par son PDG, lors de son passage, hier, au forum du quotidien Echaab. Dès l’entame de son intervention, Mourad Menouar a indiqué qu’un plan d’investissement, visant à concrétiser les projets stratégiques qui vont s’étaler tout au long de la période 2022 à 2027, a été approuvé par le Conseil d’administration et «dont le coup financier pour sa réalisation complète est estimé à hauteur de 250 milliards de dinars», a-t-il précisé. Faisant remarquer par ailleurs à l’auditoire que ce plan quinquennal repose sur une vision «stratégique».
Pour le détail des projets d’investissement prévus dans le cadre de ce plan, le PDG a cité un projet de pipeline pour le transport du gaz de pétrole liquéfié (GPL) d’Arzew à Alger, passant par plusieurs régions de l’Ouest et du Centre du pays. «Ce projet va permettre d’alimenter plusieurs villes et de fournir ce carburant à ces régions, en sus de la réduction des frais de transport via les navires», a-t-il expliqué. Autre projet évoqué par l’invité du forum, celui d’un pipeline dont le tracé va relier la raffinerie de Skikda à la capitale. Le carburant transporté par le nouveau pipeline va permettre de desservir sur son itinéraire. Toujours à propos de ce projet, sa concrétisation va se faire en deux étapes. «La première consistant à relier la raffinerie de Skikda au centre de stockage d’El Eulma (Sétif). Quant à la seconde, elle sera consacrée à l’installation d’un pipeline entre El Eulma et Alger. Le Directeur général a tout même révélé que la réalisation de la première phase a enregistré du retard dû à plusieurs facteurs «dont Naftal assume seule la responsabilité et les dépenses indues», a-t-il avoué. Poursuivant, «suite à ce retard, la réception du projet prévue pour le 5 juillet prochain a été décalée au 1er novembre 2022», a-t-il fait savoir. Concernant les autres projets, «ils consistent en la réalisation d’unités d’huiles de moteurs automobiles et le recyclage des huiles utilisées dans le cadre du partenariat avec des entreprises étrangères, a-t-il indiqué, précisant que «des négociations préliminaires ont eu lieu avec des entreprises mondiales intéressées et prêtes à investir dans ce domaine après le lancement d’un appel à manifestation d’intérêt».
A propos de l’impact subi par Naftal en raison de la Covid-19 en 2020 et 2021, notamment le recul sensible de la consommation de carburant engendrant une baisse nette du chiffre de vente, Menouar a confié : «Cela n’a pas considérablement impacté le budget de l’entreprise mais c’est une faible marge bénéficiaire tirée de la distribution dont souffre le plus Naftal.» Arguant en ce sens : «Les revenus issus de notre activité de distribution du carburant en Algérie ne couvrent pas les coûts spécifiques dans le contexte de l’inflation.» Non sans lancer dans la foulée : «La marge bénéficiaire de Naftal n’a pas changé depuis 2016.» Pour faire face à cette situation, le responsable a appelé les pouvoirs publics à «augmenter la marge bénéficiaire de l’entreprise sans revoir le prix du carburant au niveau des stations-service», ajoutant que la composition des prix du carburant comprend 80 % de taxes et d’impôts.
Concernant les activités de Naftal, Menouar a mis en avant «leur diversité et leur importance» en vue de préserver l’équilibre financier de l’entreprise qui procède, outre l’augmentation et la commercialisation des produits pétroliers, à la commercialisation de plusieurs produits consommables tels que l’asphalte, les huiles, les roues en caoutchouc et le carburant destiné aux entreprises de transport maritime et aérien, ainsi que la location de locaux au niveau des stations-service dont le nombre s’élève à 2 200 réparties sur le territoire national. Le Directeur général a enfin souligné que Naftal est avant tout une société au service des usagers de la route. n