Environ 700 exposants nationaux et étrangers ont participé à la 16e édition du Salon professionnel de la production agroalimentaire Djazagro, du 9 au 12 avril, au Palais des expositions d’Alger. Nabil Bey Boumezrag, commissaire du salon, fait le bilan pour Reporters de l’incontournable rendez-vous du secteur agroalimentaire.

L’événement est intervenu, faut-il le rappeler, dans un contexte où l’Etat initie plusieurs mesures d’encouragement à la production nationale et entreprend de bâtir une industrie moins dépendante de la rente incertaine liée à l’industrie des hydrocarbures. «Indiscutablement, cette édition a été celle de l’agro-industrie algérienne», affirme Nabil Bey Boumezrag. «Comme nous l’avions annoncé en amont de la tenue du Salon Djazagro, pour la première fois en seize ans, le premier pays exposant est l’Algérie», se réjouit-il d’emblée.
Cependant, certaines des mesures prises par les pouvoirs publics en faveur du produit national ont été décriées, notamment de la part de certaines filières qui ont vu leur activité perturbée par le manque d’intrants nécessairement importés, tels que les arômes alimentaires, la céramique et les boissons. D’autre part, la suspension de plus de 851 produits à l’importation a été mal vue par certains partenaires économiques de l’Algérie, comme au cours de la semaine, lorsque la commissaire européenne au commerce, Cecilia Malmström, a estimé que l’Algérie ne respectait pas ses accords commerciaux avec l’Union européenne, ce qui in fine «favoriserait les intérêts de la Chine». Est-ce la raison pour laquelle les exposants étrangers ont ainsi boudé l’édition 2018 de Djazagro ? «Le mot «bouder» n’est pas approprié, enchaîne Nabil Bey Boumezrag.
«La réalité est que des produits ont été suspendus de manière temporaire, et donc forcément, ceux qui activent dans les filières concernées ne sont pas venus en tant qu’exposants mais en tant que visiteurs», tient à préciser M. Bey Boumezrag, expliquant que les opérateurs économiques étrangers voient désormais le marché algérien différemment et cherchent des partenaires locaux pour investir en Algérie. Une nouvelle donne qui va dans le sens de l’orientation économique de l’Algérie consistant à encourager les IDE et aux opérateurs nationaux à hausser le niveau de compétitivité de leurs produits en termes de disponibilité et de qualité.
«Effectivement, les opérateurs nationaux sont en train de hisser la compétitivité de leurs produits du fait des restrictions», relève le commissaire du Salon de l’agroalimentaire. Il note le sentiment des participants nationaux qui considèrent comme «une chance» le contrôle plus strict des importations de la part des pouvoirs publics. «Ils sont en train de saisir cette chance pour démontrer aux industriels sceptiques quant au produit national que celui-ci a les mêmes ou de meilleures qualités que le produit importé», indique Nabil Bey Boumezrag.
Concernant les objectifs fixés par les organisateurs, ceux-ci ont été «pleinement atteints», selon notre interlocuteur. «Ceci au point que ce qu’on appelle le rebooking, c’est-à-dire l’enregistrement pour la prochaine édition, est déjà quasiment à 50%. Ce qui est très encourageant pour l’année prochaine», se réjouit-il, bien qu’il n’a pas plus de détails en termes de signatures de partenariats ou de contrats au cours de cette édition. «Les exposants sont très discrets par rapport à ce type d’annonce», indique-t-il. Ajoutant que des signatures de contrats et de futurs partenariats entre des entreprises étrangères et algériennes ont bien eu lieu. «Nous en saurons plus dans les prochaines semaines», conclut M. Bey Boumezrag.