Par Mohamed Medjahdi
La waada de Asla dans la wilaya de Naama est célébrée chaque année à la mi-octobre en l’honneur de Sidi Ahmed El Medjdoub, un saint homme, ayant vécu au XVe siècle.
Un rendez-vous périodique. Rituel célébré selon les notables de la région depuis plus de deux siècles.
Trois jours de fête marqués par des récitations du Coran au sein de la zaouïa située à l’ouest. Ces lieux sont appelés Ksar de Asla, composés de koubas, entre autres de Sidi Ahmed el Mejdoub, Sidi Et Toumi, Sidi Mohammed bou Semaha…
Ce mawssim annuel à qui on réserve plusieurs hectares a connu, cette année, après une éclipse de deux ans, situation sanitaire oblige, une participation record. Plus d’un millier de cavaliers venus de plusieurs wilayas prennent part à cette manifestation.
Plusieurs commerçants de différentes régions exposent et vendent leurs marchandises de tapis, burnous, djellaba… dattes, grenades. Un immense souk à ciel ouvert. L’hippodrome est entièrement assiégé par des spectateurs mordus de fantasia. Une butte derrière la tribune officielle est réservée exclusivement aux femmes.
D’autres scènes attirent les visiteurs. Il s’agit du folklore, vendeurs de miracles, danses, conteurs… C’est tout un ménage sonore qui donne un cachet particulier à cette fête au milieu d’un immense espace parsemé de centaines de tentes.
La ziara, quant à elle, est sacrée. Elle fait partie intégrante du circuit des touristes notamment les femmes incitées à se rendre au mausolée ‘’la Zaouïa ‘’ afin de bénéficier de sa baraka.
Cette fête organisée par la tribu des Medjadba s’inscrit dans le but de préserver et perpétuer les traditions et les coutumes de solidarité et d’entraide.
Aussi et au niveau de la zaouïa, fondée en 1875 par les descendants de la tribu, on y organise des concours de récitation du Coran et des hadiths. Cette zaouïa vit grâce aux dons des bienfaiteurs et a pour mission d’encourager les sciences islamiques, et elle a aussi un rôle important dans l’affermissement du lien social.
Ce mawssim s’achèvera vendredi par une grande rencontre dite “grand Maarouf’’, où l’on prie Dieu d’accorder à la communauté un avenir meilleur et une année prometteuse sur tous les plans.
Les touristes ne ratent pas l’occasion de visiter la station thermale de Hamam Aïn Ourka et les sites de Boussemghoun, Tiout et Moghrar.
En effet, Naama dispose de potentialités touristiques énormes qui nécessitent désormais des efforts pour relancer ce secteur. A titre d’exemple, la station thermale de Hammam Aïn Ouarka manque de structures d’accueil. La ville de Moghrar Tahtani connue pour ses stations rupestres, son petit musée de la préhistoire, la tour du Ksar et son vieux Ksar qui, jadis, fut le fief de Cheikh Bouamama, personnalité incontournable de l’histoire algérienne de lutte contre le colonialisme, nécessite quant à elle une attention particulière. S’y ajoutent les zones humides et autres sites importants comme les oasis de Tiout.