Par YAZID MILOUDI
Les Algériens restent toujours réticents à se vacciner contre la Covid-19. Le constat est établi depuis longtemps et les chiffres sont là pour le confirmer. Ceux donnés, lundi dernier, par le ministre de la Santé Abderrahmane Benbouzid, lors d’un point de presse organisé à l’occasion de la journée nationale des donneurs de sang, sont plus qu’éloquents. Ils sont donc près de 11 millions de personnes à avoir reçu une et deux doses de vaccin anti-Covid 19. Parmi eux, seulement 6 millions ont été complétement vaccinés, ce qui représente 14% de la population. C’est très loin d’atteindre l’objectif numéro un, celui d’atteindre l’immunité collective.
Cette réticence des Algériens à se vacciner semble être une énigme pour les autorités sanitaires du pays qui n’arrivent pas à trouver la «brèche» à travers laquelle ils pourront susciter un engouement, aussi minime qu’il soit. Malgré le tapage médiatique enclenché depuis plusieurs mois, les résultats sont plus que mitigés. Pourtant, il faut bien rappeler que la campagne de vaccination a commencé il y a près de 9 mois, à la fin du mois de janvier dernier.
Deux chiffres sont là pour donner l’ampleur de la désaffection enregistrée à tous les niveaux. Il s’agit de ceux concernant deux secteurs. Le premier, l’enseignement supérieur est à 1% (taux de vaccination) alors que celui de la santé (pourtant le plus exposé aux risques de contamination) est à 20%. Il faut bien mesurer ces deux chiffres. 1% et 20% sont très faibles surtout pour des secteurs sur lesquels tablaient énormément les responsables du ministère de la Santé pour booster cette campagne qui est à considérer, sans réticence, comme un fiasco. Les mois passent et c’est toujours cette sensation de stagnation dans les statistiques, sans qu’une solution palpable ne soit trouvée.
Alors que dire de cette histoire de troisième dose ! Avec une seule et le problème n’a pas été résolu, alors parler d’une autre dose en plus des deux, c’est vraiment, dans les conditions actuelles, croire au père Noël. Les Algériens restent encore un mystère pour les gouvernants.