Les soubresauts que subissent certains partis politiques de l’opposition sont symptomatiques d’une crise globale qui ne touche pas uniquement le pouvoir. La difficulté dans laquelle se trouvent les partis politiques dans l’Algérie de 2020 reste pour le moins affligeante. Mais cette situation est loin d’étonner. Ce qui fait office de classe politique est aujourd’hui une scène désastreuse. Comme un champ de ruines qui appelle à une nouvelle reconstruction. Il faut convenir au passage que le système a fait en sorte de fragiliser les partis d’opposition jusqu’à en faire des structures insignifiantes, affaiblies par des conflits internes interminables. Le résultat n’en est que plus éloquent. Le mouvement de contestation populaire qui a entamé sa seconde année n’arrive toujours pas à traduire ses revendications en véritables actions au travers des mouvements politiques représentatifs, anciens ou nouveaux. Embourbés inlassablement dans des querelles internes sans fin. Les partis politiques qui ont échoué à traduire en action politique un mouvement populaire formidable risquent bien de devenir un élément du problème. Exiger le changement sans même s’y impliquer relève de la naïveté politique. La posture de retrait est loin de donner des résultats convaincants dans la configuration algérienne. La cartographie politique en Algérie semble avoir irrémédiablement entamé une mutation. L’environnement d’avant le 22 février 2019 semble avoir vécu. Une année de Hirak et ses bouleversements politiques devraient à termes produire une nouvelle scène politique. Avec des partis « classiques » transformés, mais aussi de nouveaux pôles politiques pouvant incarner au mieux les revendications populaires des citoyens dont une jeunesse espérant vivre avec son temps. Les partis déjà secoués par l’avènement du mouvement populaire qui les a pris de court depuis ses premières manifestations, il y a plus d’une année, seront condamnés à revenir à la réalité de l’action politique, leur raison d’être.