A la veille de l’octroi des premiers agréments provisoires aux concessionnaires automobiles, le président de l’Association algérienne de protection et d’orientation du consommateur et de son environnement (Apoce), Mustapha Zebdi, rappelle que «l’importation de véhicules est un dossier très important que beaucoup d’Algériens attendent impatiemment et souhaitent voir réglé dans les plus brefs délais».
Quant aux prestations de services des concessionnaires retenus pour la commercialisation de véhicules neufs, le président de l’Apoce estime qu’elles sont régies par des textes exécutifs. «Elles doivent être fournies comme le stipule le nouveau cahier des charges», souligne notre interlocuteur, avant de regretter «la non-application des textes de loi sur le terrain» qui, note-t-il «devient «monnaie courante» dans les pratiques commerciales.
«Nous espérons, cette fois, le respect du cahier des charges par les concessionnaires sur le terrain». Ces derniers «doivent assumer pleinement leur responsabilité», insiste M. Zebdi. Et d’ajouter que son association a émis quelques réserves sur certaines mesures du cahier des charges, mais «elle veille à ce que le service après-vente soit fait de manière exemplaire afin de ne pas porter préjudice aux clients ni les léser dans leurs intérêts légitimes», a-t-il conclu.
Pour sa part, le président de l’Association nationale des commerçants algériens (Anca), Hadj Tahar Boulenouar, estime que l’Algérie doit instaurer une vraie industrie d’automobile sur son territoire. «Un vrai montage automobile doit intégrer le produit local algérien à hauteur de 40% en matière de pièces et d’accessoires», plaide-t-il. Les usines automobiles locales, aujourd’hui à l’arrêt, «n’avaient pas dépassé le taux de 5% d’intégration», relève-t-il, considérant que les taux avancés par les propriétaires de ces usines étaient «souvent gonflés». Concernant l’instauration d’une industrie automobile locale basée sur un nouveau cahier des charges, notre interlocuteur salue la «très bonne initiative» du gouvernement. «Nous encourageons ce type de démarche, notamment en ce qui concerne la place accordée à l’intégration locale».
Le président de l’Anca relève, par ailleurs, que l’arrêt de l’importation des voitures, puis la suspension de l’assemblage de véhicules ont généré un «fort décalage» entre l’offre et la demande. «Cette demande a considérablement augmenté», fait-il remarquer à son tour. «C’est ce qui explique la hausse des prix enregistrée dernièrement sur le marché de l’occasion», poursuit-il, évaluant cette envolée à 20 et même 30%.
Le dossier de l’importation concerne l’Anca, souligne-t-il, puisqu’«il est question d’organiser le marché des véhicules en Algérie, un secteur délaissé et anarchique depuis longtemps».
«Il est important de lutter contre la pièce de rechange contrefaite. L’organisation du marché permet d’éradiquer la contrefaçon en la matière. Nous espérons lutter également contre le monopole du marché», insiste M. Boulenouar.