La violence faite aux enfants refait surface de nouveau en Algérie. Notamment les kidnappings enregistrés ces dernières semaines à travers le pays, éveillant la tourmente chez les familles.

Une situation qui relance le débat sur les mesures à mettre en place pour lutter contre ce type de crime qui prend de plus en plus d’ampleur, classant l’Algérie au triste top des pays touchés sur ce registre. C’est ce que relève le président de la Fondation nationale pour la promotion de la santé et le développement de la recherche (Forem), Mustapha Khiati, lorsqu’il aborde le kidnapping d’enfants.
Intervenant, hier, sur les ondes de la Chaîne III, M. Khiati n’hésitera pas à alerter sur la situation sociale «très critique» qui prévaut, sachant que «durant les 20 dernières années, nous avons en moyenne un à deux kidnappings par an», expliquera-t-il. Autrement dit, «il y a un problème réel, puisque dans d’autres pays, ce sont des cas exceptionnels, qui se voient tous les 5 à 10 ans», a-t-il comparé.
D’où l’urgence d’une politique de prévention susceptible de réduire de l’ampleur atteinte par ce phénomène, recommandera M. Khiati. Précisant que cette démarche ne saurait se limiter à la seule intervention des services de sécurité et que, au contraire, la lutte contre le kidnapping d’enfants nécessite la mobilisation de tous», insistera-t-il, citant le rôle à jouer par les associations de quartier. Et pour cause, «les gens du quartier se connaissent entre eux et la plupart de ces attaques se font, justement, dans l’entourage immédiat de l’enfant, pas loin de la maison», expliquera l’intervenant, insistant sur le renforcement de la vigilance à travers l’implication de ces associations qui, poursuit-il, «va beaucoup aider les autorités judiciaires à bien étudier les cas». En matière de mesures répressives contre les agresseurs d’enfants, le président de la Forem propose de leur «mettre systématiquement des bracelets électroniques et le durcissement des mesures du code pénal envers les kidnappeurs, violeurs et assassins d’enfant». Il n’hésitera à aller plus loin en se disant favorable à l’application de la peine de mort comme sentence contre ce type de criminels. «En cas d’enlèvement d’enfant, suivi d’agression sexuelle et d’assassinat, la peine de mort doit être appliquée», estime-t-il.
Début septembre, un texte de loi contre le kidnapping d’enfants a été annoncé. L’élaboration de ce texte échoit au ministère de la Justice, avec l’objectif de mettre en place «une loi contre le kidnapping pour préserver la sécurité les citoyens et de leurs enfants». Réagissant à cette annonce, le Réseau algérien pour la défense les droits de l’enfant «Nada» a estimé que ce phénomène «doit être appréhendé dans sa globalité» et que «la vision purement judiciaire a montré ses limites».
Faire face à toute cette violence contre les enfants est «un travail en amont», a insisté le président de Nada, Abderrahmane Arar, avant de rappeler que «des dispositifs ont été mis en mis en place, mais se limitant à une prise en charge purement sécuritaire du problème, sans aucune mesure d’accompagnement en direction des enfants et des familles». Or, «le travail avec l’action sociale et les acteurs de le santé n’a pas été fait», a-t-il regretté, soulignant qu’«aucune prise en charge ni accompagnement ne sont proposés aux familles victimes» et qu’«une fois la procédure judiciaire terminée, la famille est livrée à elle-même et se débat dans les problèmes en subissant les conséquences du drame sur les liens familiaux, sans parler de la tragédie des familles qui ne retrouvent jamais leurs enfants».
Pour rappel, l’article 293 bis du code pénal énonce que «quiconque, par violences, menaces ou fraude, enlève ou tente d’enlever une personne, est puni de réclusion criminelle de dix ans à vingt ans et d’une amende de 1 000 000 à 2 000 000 DA». «Si la personne enlevée a été soumise à des tortures corporelles ou si l’enlèvement a pour but le paiement d’une rançon, le coupable est puni de la réclusion criminelle à perpétuité et ne bénéficie pas de circonstances atténuantes. Si la personne enlevée décède, le peine peut aller jusqu’à le peine capitale», soutient le même article. <