La visite du prince héritier saoudien Mohammed Ben Salman (MBS) en Algérie aura bel et bien lieu. C’est le ministre de l’Énergie, Mustapha Guitouni, qui l’a confirmé, hier, à l’occasion d’une conférence de presse qu’il a animée à l’Assemblée populaire nationale (APN).

Sans toutefois donner de précision sur le contenu de cette visite, annoncée par le palais saoudien pour le 6 décembre, le ministre a voulu d’emblée expliquer les raisons de ce séjour et ainsi balayer toute spéculation à ce propos : « Il s’agit tout simplement d’une visite amicale et fraternelle qui permettra au prince de s’entretenir avec le président de la République », a-t-il lancé avant de préciser qu’« il faut savoir que cette visite n’a aucun lien avec les prix du pétrole sur les marchés internationaux ». Sollicité à propos des pressions auxquelles est soumise l’Opep, Guitouni a répliqué en réfutant « l’existence d’une quelconque pression sur l’organisation ». Il se fera insistant en expliquant qu’« il n’y a pas de pressions qui s’exercent l’Opep qui est une organisation souveraine et libre dans ses prises de décisions ». Guitouni n’a pas manqué de préciser dans la foulée que « l’Opep n’est aucunement une organisation politique ». « Il s’agit d’une organisation qui se réunit autour de questions économiques et qui étudie et débat des prix du pétrole ». Questionné tout autant à propos de l’augmentation de la production pétrolière de l’Arabie saoudite, qui a atteint un niveau record, là aussi Guitouni a tenté de tempérer: « Il s’agit d’une hausse minime et qui a été occasionnée par la baisse de la production du Venezuela ». Intervenant en outre à propos de la nouvelle loi sur les hydrocarbures qui se trouve actuellement en élaboration au niveau du secrétariat général du gouvernement, le ministre de l’Energie n’a pas manqué de préciser que ce texte de loi prendra en charge l’ensemble des sources d’énergie : « La loi sur les hydrocarbures concernera toutes les énergies, l’offshore, les énergies non conventionnelles, le gaz de schiste, les énergies renouvelables, le nucléaire », a-t-il annoncé avant de faire référence au programme du président de la République inhérent à cette problématique : « Sachez que depuis 2011, le programme de Son Excellence, le président de la République Abdelaziz Bouteflika avait intégré une production de 22 000 mégawatts en matière d’électricité solaire et ce, à l’horizon 2030 ». Ce volume contrastera grandement avec celui actuellement produit qui est, selon le ministre, de l’ordre de « 400 mégawatts d’électricité grâce au solaire ». Dans le même ordre d’idées, le ministre de l’Energie a affirmé que l’amendement de la loi sur les hydrocarbures, qui sera prête au début de 2019, a pour but de rendre l’investissement en Algérie plus attractif. « Cette révision a été motivée par le besoin de s’adapter au nouveau contexte international », a-t-il soutenu. Il a expliqué dans le même temps que la chute drastique des prix du brut a poussé de nombreux pays producteurs à revoir leurs codes des hydrocarbures pour continuer à attirer les investissements. Conséquence : « La prochaine loi sur les hydrocarbures rendra l’investissement dans le domaine minier algérien plus attractif et adapté au contexte international, tout en préservant les intérêts économiques du pays », précise-t-il. Selon le ministre, « actuellement, ce sont les pays producteurs qui sont en quête d’investissements étrangers, ce ne sont plus les entreprises qui se bousculent pour l’investissement à l’international », souligne-t-il. Et d’ajouter : « Il faut se mettre au diapason et épouser cette dynamique ».