Le chantre de la chanson algérienne d’expression amazighe Lounis Aït Menguellet a galvanisé, lundi soir, le nombreux public de l’Opéra d’Alger Boualem-Bessaïh, venu rendre hommage au poète de toutes les générations, à travers un florilège de chansons, anciennes et nouvelles, imprégnées de leur quotidien.

Lounis Aït Menguellet a fait une entrée triomphale sous un tonnerre d’applaudissements et les youyous nourris des nombreux spectateurs, tous debout pour accueillir leur idole, sous un éclairage vif, aux couleurs multiples, annonçant ainsi une grande soirée en perspective. «Après une absence forcée de trois années de la scène artistique pour cause de pandémie, nous voilà réunis à nouveau, espérant que nous nous reverrons plus souvent», a déclaré d’entrée Lounis Aït Menguellet, visiblement ravi de retrouver son public. Dirigé d’une main de maître par Djaffar Aït Menguellet, lui-même à la flûte et à la guitare, un orchestre de huit musiciens, Yacine Haddad à la batterie, Chabane Benameur à la derbouka, Said Ghezli au bendir, Boussad Ledjemil à la basse, Jugurtha Boutellis à la guitare, sofianr Ahdjoudj au clavier et Salem Karrouche à la flûte, a brillamment soutenu le grand poète à la guitare. Les premières notes annonçant la tonalité et la gamme de la pièce «Izurar ghaf idurar» (des colliers sur les montagnes) à peine pincées à la guitare, que toute l’assistance a déjà entamé le chant avec le chanteur et grand poète, battant la mesure avec les mains en reprenant en chœurs son refrain. Parmi les chansons entonnées par Lounis Aït Menguellet, «Chaâl’tagh thafath» (allumez la lumière), «Adu ghalen» (Ils reviendront), «Thamourth ennegh» (mon pays), «Svar ay ouliw» (patiente ô mon cœur), «Ourdjigh» (j’ai attendu), «Thelt yyam» (trois jours de ma vie) et l’incontournable» JSK», au plaisir d’un public conquis qui a savouré tous les instants du concert. Dans des atmosphères empreintes d’euphorie et de convivialité, le public a chanté et dansé sur les cadences d’une vingtaine de chansons de thèmes différents, incitant au déhanchement, rendues en deux parties séparées par un entracte bienvenu, qui a permis aux spectateurs de reprendre leur souffle. Présente au concert, la ministre de la Culture et des Arts, Soraya Mouloudji a déclaré qu’elle était venue «assister au concert de l’une des plus grandes icônes de la chanson algérienne», qui a célébré durant toute sa carrière, l’« amour de l’Algérie, son patrimoine et les valeurs de l’humanisme». «Durant plus de 50 ans, Lounis Aït Menguellet a chanté l’adret et l’ubac, porté nos joies et nos souffrances, touchant à tous les sujets de notre quotidien, l’amour de la terre et des gens, la mélancolie, la femme, le destin et l’adversité de la vie en général», s’est exprimé une spectatrice à l’issue du concert. «Nous aimons Lounis Aït Menguellet car sa poésie est prolifique, d’une rationalité et d’un esthétisme inégalables (…) un ciseleur du verbe hors pair qui a toujours rendu hommage à la belle parole» ont confié de jeunes fans. Après les spectacles d’Akbou (Bejaïa), et Alger, à la salle Atlas et à l’Opéra d’Alger, Lounis Aït Menguellet, est attendu à Oran ainsi qu’à Tizi-Ouzou, pour s’envoler ensuite, en juin prochain à Montréal (Canada), puis au Mans (France), selon le programme de sa tournée.(APS)