Après avoir réussi son premier concert donné la semaine dernière, à la salle El Mougar d’Alger, le «Groupe 56» que mène l’ancien journaliste Abdelkrim Tazaroute récidive à Béjaïa, en animant dans l’après-midi de samedi dernier, au Théâtre régional Abdelmalek-Bouguermouh (TRB), un autre récital musical en hommage au défunt chanteur français Georges Moustaki, d’origine italo-grecque.

Pendant plus de deux heures, la troupe de M. Tazaroute a réussi à faire chanter en chœur le public béjaoui, composé essentiellement de couples et de fans de la chanson française qui connaissent parfaitement les albums de Georges Moustaki.
Le chanteur-interprète du «Groupe 56» qui égrenait au son de sa guitare acoustique des belles paroles puisées du riche répertoire de son idole, a replongé son auditoire dans une ambiance euphorique. Il étalera les plus célèbres pièces de Moustaki, telles que «ma liberté», «le temps de vivre», «Le Métèque», «La Solitude», «La Dame brune», «Sans la nommer»… Une longue série de chansons d’amour et de mélodies sentimentales ayant bercé les cœurs d’un public averti, mais en quête de moments de détente et de décompression. Et pour mieux boucler la boucle, le groupe clôt son spectacle musical par la célèbre chanson de Graeme Allwright «Il faut que je m’en aille», que l’assistance a reprise en chœur.
À l’issue de sa prestation, M. Tazaroute a bien voulu répondre à nos questions en nous accordant un entretien à bâtons rompus.
De prime abord, il se dit très satisfait de l’accueil qui lui a été réservé dans sa ville natale.«Je remercie beaucoup le public béjaoui qui m’a fait honneur aujourd’hui de venir écouter notre groupe et partager des moments de plaisir qui resteront gravés dans ma mémoire. C’était vraiment formidable, en dépit de la défection de deux artistes de notre groupe (un pianiste et un bassiste)», nous-t-il déclaré, avant d’ajouter qu’«après Alger et Béjaïa, nous allons nous produire prochainement dans d’autres villes d’Algérie, dont Oran, Constantine, Annaba, Tizi Ouzou et Tlemcen».
Natif de Béjaïa en 1956, notre interlocuteur avait fait ses premiers pas dans la chanson dès son jeune âge avant de créer le «Groupe 56», durant les années 1970, avec un groupe d’amis de son quartier Bologhine (ex-Saint-Eugène), à Alger, où sa famille s’installa dès le début des années 1960. Pourquoi son groupe avait choisi une telle dénomination ? «Parce que tout simplement, nous étions presque tous nés en 1956 !», explique-t-il. «Nous avons animé plusieurs soirées musicales dans des quartiers populaires d’Alger, notamment lors des fêtes de mariage, de circoncision… Il y avait parmi nous, le chanteur Hakim Laâroussi, qui fut membre fondateur de notre groupe. Ensuite, j’ai eu l’occasion de rencontrer le défunt chanteur Georges Moustaki lors de son dernier concert à Alger. Pour moi, c’est un artiste complet. Il était aussi romancier et un grand ami de l’Algérie», témoigne-t-il. Aujourd’hui, à 62 ans, M. Tazaroute se sent très à l’aise sur scène, puisqu’il affirme que«j’ai l’impression d’avoir rajeuni de 20 ans en me produisant sur scène».
Universaliste, il écoute les différents styles musicaux, mais préfère jouer à la guitare les meilleurs tubes de la chanson française.
Tandis que sa chanson préférée reste celle de Lounis Aït Menguellet, «Teltiyem di-laamriw», où son auteur résume d’une manière magistrale la vie d’un être humain, à trois jours seulement, a-t-il dit.