Tout était réuni pour assurer une parfaite réussite à cette première, l’organisation d’un festival du Goumbri à Ghardaïa.

Tout y était : le beau temps, l’ambiance et l’affluence, et c’est ce qui a créé cette alchimie entre les troupes, en fusion, et pour certains complètement en transe, et le public qui a répondu présent en s’amassant rapidement autour des troupes et de leurs chatoyants costumes de scène, avant de s’engouffrer, public et troupes, dans une joyeuse cacophonie, dans cette superbe salle de cinéma Mzab, œuvre du célèbre architecte Fernand Pouillon.
Et c’est parti pour trois jours pleins pour les mélomanes de ce genre de chant à forte consonance mystique. Selon le programme établi par la direction de la culture de la wilaya de Ghardaïa qui, faut-il le rappeler, depuis l’installation en décembre 2017 de Hadj Mihoub Sidi Moussa Mohamed en qualité de directeur, la scène culturelle locale a repris des couleurs et marque des points. Elle se prolongera jusqu’au 31 mars et se déplacera vers la salle des fêtes de la ville d’El Atteuf, où se produiront les troupes de Ghardaïa et de la ville des Eaux, Saïda.
C’est une véritable immersion dans un style de diwan atypique, propre à la région du M’zab qui a été proposée au grand bonheur du public de Ghardaïa dans la soirée de jeudi par la troupe Dendoun Sidi Blel d’El Atteuf (Ghardaïa) et l’association Sidi Blel de Saïda lors d’un concert qui a réuni la majorité des déclinaisons du diwan algérien. Se produisant d’abord sur le parvis de l’APC de Ghardaïa, en plein air et au milieu du public , dont beaucoup de femmes et de jeunes files ainsi que des enfants éblouis par tant de joie diffuse, les troupes Dendoun Sidi Blel, tant de Ghardaïa, d’El Atteuf que de Saïda, ont d’entrée conquis le public par un première partie de spectacle rythmée uniquement par le t’bel, appelé dendoun dans la région, et les karkabou.
Beaucoup de mouvements et une chorégraphie bien maîtrisée ont également caractérisé cette première partie de la prestation du groupe qui a occupé la scène de manière optimale devant un public nombreux à avoir fait le déplacement en cette troisième partie du festival. Avec une rythmique monotone et une manière de chanter qui évoque les chorales de l’Ahellil du Gourara, ainsi qu’une voix puissante du koyo bongo de la troupe, qui dominait même les instruments, ils ont brillé par la justesse du jeu au goumbri, d’un chant harmonieux et d’une riche dynamique de groupe sur scène. Installant au fil des minutes une ambiance festive, rythmée par le plaintif son du goumbri, qui a retenu le public, tous âges confondus, ils ont parfaitement réussi leur fête rapidement, en faisant vibrer la salle.
Pour rappel, ce premier Festival du goumbri, qui devrait en toute logique en appeler d’autres, se clôturera aujourd’hui, 31 mars, avec encore au programme cinq troupes qui animeront des soirées de chants genre « gnawa ». Il reste que ce patrimoine immatériel attend d’être protégé et surtout d’assurer sa transmission générationnelle.