Soutenue par le chef d’orchestre et directeur artistique Khalil Baba Ahmed, Lamia Aït Amara a envoûté, jeudi soir, le public de la salle Ibn Zaydoun de l’Office Ryadh El Feth, avec son nouveau album Cham’s.

Entre la musique classique algérienne dans toutes ses déclinaisons et des inspirations orientales, méditerranéennes, de musique de chambre et de divers rythmes, la chanteuse a présenté à ses fans un CD global de la saana, du hawzi, du malhoun et de la chansonnette. Les spectateurs se sont laissés envoûter par la voix à la fois suave et puissante d’Aït Amara, à travers les titres Al kad alladi sabani, Wa men li bidjismi, Jadaka al ghaythou, Farakouni, Kam li fel machiya, Ya rouhi wa ya rihani, Ma kountou adri, Youm el khemis, fnit wach ma yssaberni, El kawi. Grâce à sa forte présence scénique, son aisance qui apparaît à ses sourires qu’elle distribue aux spectateurs, et l’émotion visible qu’elle dégage en interprétant chacune de ses chansons, ainsi que sa capacité à passer d’un genre à un autre, la jeune interprète, qui a pour rappel sorti son premier album en octobre dernier, a tout pour devenir l’une des voix emblématiques de la musique andalouse algérienne. Khalil Baba Ahmed, dont l’ensemble accompagne depuis quelques années la chanteuse, propose une fusion atypique entre un quatuor à cordes (violon, violoncelle, guitare et contrebasse) et une cellule traditionnelle andalouse (luth, percussions, qanoun, flûte et piano). Ce spectacle a dégagé une grande liberté dans l’improvisation et les solos sur le luth, la flûte, le piano ou le violon, un aspect très apprécié par le public, venu nombreux à cette soirée, pour « sa singularité dans l’univers de l’andalou ». La chanteuse a également partagé la scène avec une vingtaine d’enfants, flûtistes de l’association Chams pour les arts thérapeutiques qui ont joué L’hymne à la joie en plus d’avoir présenté un tableau chorégraphique de danse traditionnelle algéroise, accompagnés par les musiciens de l’ensemble. Ingénieur commercial et employée au sein d’une banque multinationale, Lamia Aït Amara a fait ses premiers pas artistiques à l’association Rossignols d’Alger, où elle a été formée par le professeur Youcef Ouznadji, élève du défunt cheikh Sid Ahmed Serri. Dans cette association, elle reçoit tout l’apprentissage qu’il faut et y reste alors quinze ans avant de rejoindre l’association El Inchirah sous la houlette de Smaïl Hinni. L’artiste a entamé une carrière solo depuis 2014 et initié des projets de recherche et de fusion musicale avec Khalil Baba Ahmed.