Le musée «Itinéraire Algérie-Afrique», de la Fondation Benbahmed (FAABDA) (Fondation Amina Abdelkrim Benbahmed), a été inauguré, hier à Alger, à l’occasion de la commémoration de la première année de la disparition d’Amina Benbahmed, l’épouse du président de la fondation Abdelkrim Rachid Benbahmed, qui a fortement inspiré et contribué de son vivant à la naissance de ce lieu d’histoire et de mémoire célébrant nos racines africaines.

Véritable guide des civilisations africaines, lors de la visite de ce musée, Abdelkrim Benbahmed relate, avec l’affabilité captivante d’un griot africain, l’histoire et l’origine des objets exposés dans les vitrines «fabriqués par des artisans algériens», insiste-t-il avec fierté.
Les visiteurs peuvent ainsi se plonger dans un véritable voyage à travers le temps et l’espace, où ils sillonnent les différents pays africains. Avec l’Algérie comme point de départ, les visiteurs découvrent la beauté des arts premiers, tant dans des objets décoratifs, d’ornements, du quotidien, de différents rites et cérémonies, jusqu’aux manuscrits séculaires, à l’instar des corans, des documents d’exégètes et même un traité de mathématiques datant du XIVe siècle.
Le président de la Fondation Benbahmed-FAABDA tient à rendre hommage à son épouse en nous confiant, d’une voix émue, que «dans quelques heures, cela fera un an que mon épouse a rendu son dernier souffle. Et c’est pour lui rendre hommage que nous avons choisi d’ouvrir le musée au public, aujourd’hui, en cette date du 17 octobre, afin d’exaucer son vœu de faire connaître la richesse de la culture africaine dans l’esprit de fraternité qui ont caractérisé toutes les rencontres que nous avons faites au fil des circonstances en Afrique».
Il nous explique également que le concept de cette initiative est largement inspiré «par ma compagne Amina, nous l’avons conçu ensemble, lorsque nous avons débattu du devenir de la collection qui s’élève à plus de cinq mille objets, intéressants par leur beauté, leur originalité et leur histoire».
Il souligne toutefois que «l’idée d’un musée consacré à l’Afrique dans son ensemble, protégé par une fondation, couplée avec un centre de recherche et de documentations, est le résultat d’une vie». Insistant ainsi sur le fait que «c’est notre vie entière et la découverte des liens culturels communs que nous partageons avec toute l’Afrique qui sont relatées à travers ces objets».
Cinq mille objets collectés pour raconter l’Afrique
Notre interlocuteur tient également à souligner que ces objets, collectés depuis près de soixante ans par le couple ensemble ou individuellement selon les itinéraires professionnels de chacun, sont le fruit d’une profonde réflexion. Ainsi, au départ soit dès 1962 /63, cela s’est fait d’une manière instinctive, par des coups de cœur ou lors de rencontres fraternelles dont les objets représentaient «le pays, la culture et l’amabilité des gens». Au fur et à mesure, l’idée de faire valoir l’héritage de la culture africaine commençait déjà à germer.
Abdelkrim Rachid Benbahmed souligne à ce sujet : «Nous n’avons pas seulement collecté et acheté des objets, nous avons aussi avec Amina étudié et réfléchi sur les cultures africaines. C’est-à-dire origines, constructions et évolutions dans le temps. Et nous sommes arrivés à des conclusions assez particulières que je présenterai prochainement lors d’une conférence».
Il nous dévoile toutefois un aperçu de sa prochaine conférence. «Nous avons fait des découvertes importantes qui démontrent que l’Afrique est beaucoup plus unie que l’on pense si on se penche un tant soit peu sur son histoire profonde», a-t-il indiqué.
Après ce mois d’ouverture et de commémoration, le président de la Fondation Benbahmed-FAABDA, nous annonce que des expositions thématiques seront organisées en moyenne tous les deux mois, de telle sorte que «lorsqu’une personne reviendra deux mois après, elle découvre de nouvelles choses qui, on espère, elle appréciera et captiveront son attention sur notre culture africaine.
Il est à noter que la Fondation en plus du musée offre également un espace consacré au recherches intitulées le «Laboratoire d’études africaines» qui accueille actuellement deux doctorantes qui y travaillent. Il y a également «le Centre de documentation et d’information» riche d’une centaine d’ouvrages multidisciplinaires, de revues académiques diverses et d’études consacrées à de nombreux pays africains. Pour les personnes intéressées par la visite de ce musée, consacré à la civilisation et la culture africaines, il suffit de s’inscrire sur la page de la fondation sur les réseaux sociaux.
Le président de la Fondation convie ainsi le grand public, les chercheurs, les étudiants à venir découvrir l’exposition du musée. «Cette fondation est dédiée à la civilisation, la culture et la fraternité de l’Algérie-Afrique, l’itinéraire c’est l’Algérie comme point de départ pour aller à la découverte de toute l’Afrique». n