Le Parti des travailleurs (PT) se dit ne pas être responsable des manifestations des lycéens et des étudiants qui se multiplient depuis quelques jours dans les wilayas de Béjaïa, Tizi Ouzou et Bouira, pour dénoncer un prétendu refus des députés de la majorité de la promotion de la langue et la culture amazighes.

«Nous n’avons pas appelé les gens à descendre dans la rue. On n’est pas responsables de ces marches qui s’organisent ici et là», nous a affirmé le député du parti Ramdhan Taâzibt. Pour lui, se sont les députés qui ont refusé la proposition d’amendement de projet de loi de finances pour l’année 2018, portant sur l’octroi de moyens financiers supplémentaires pour la langue amazighe, qui doivent assumer leurs responsabilités. «C’est le refus des partis de la majorité de donner plus de moyens financiers pour la promotion de la langue et la culture amazighes qui a fait sortir les gens dans la rue et pas le PT», a-t-il précisé. Interrogé sur la responsabilité du PT dans la tournure qu’a prise cette protestation, il dira que son parti a introduit 23 propositions d’amendement au projet de loi de finances pour l’année 2018. «Nous n’avons pas spécifié la promotion de tamazight dans notre travail parlementaire. Notre proposition sur la promotion de tamazight fait partie des 23 autres propositions faites par le PT pour stopper la politique d’austérité que le gouvernement a imposé à travers son projet de loi de finances», affirme-t-il. Il ajoute : «Nous avons fait des propositions pour donner plus de moyens au secteur de la santé publique, à celui de l’éducation nationale et autres. Notre engagement en la matière est connu». D’après notre source, le PT n’a pas à recevoir de leçon sur le combat pour la reconnaissance de tamazight.
«Notre combat pour la reconnaissance de tamazight ne date pas d’aujourd’hui. Personne ne peut nous reprocher une quelconque manipulation de cette cause à des fins inavouées», dit-il. Il rappelle dans ce cadre que sa formation politique «introduit, chaque année, des propositions d’amendement, des projets d’amendement des lois de finances de sorte que l’Etat prenne sérieusement en charge la promotion de tamazight». A une question sur les allégations de manipulation politique des lycéens, il dira que les jeunes algériens, qu’ils soient lycéens ou étudiants ont le droit de défendre pacifiquement leurs droits. «Les jeunes ont entièrement le droit de manifester pacifiquement dans les rues. Nous n’allons pas les en priver», précise-t-il.