PAR NAZIM B.
Les arrestations enregistrées ces dernières semaines, suivies par une succession de procès contre des militants poursuivis pour leurs opinions inquiètent le Parti des travailleurs (PT), lequel estime que cette situation «accentuela tension politique».
«Nous sommes confrontés à une dérive dangereuse, où les droits démocratiques les plus fondamentaux ont été violés et les activités ou opinions politiques sont criminalisées par le pouvoir judiciaire qui porte des accusations très graves qui n’ont rien à voir avec les actes criminels», a écrit la direction duPT dans un communiqué.
La formation politique de Louisa Hanoune a citéles cas de Nordine Aït Hamouda, Hamou Boumedine, du professeur Fatiha Briki et des dizaines de détenus et juristes,estimant que ces personnes poursuivies «n’ont pas commis de crimes et n’ont pas été incriminées dans des affaires de corruption, de terrorisme ou d’intelligence avec l’étranger». Sur le ton de l’inquiétude, le PT relève que ces arrestations ne font qu’accentuer «la tension politique»et risquent d’ouvrir «la porte aux aventuriers et expose notre pays aux ingérences extérieures, comme en témoignent les rapports successifs émis par les instances et organisations internationales». A l’adresse du pouvoir politique,le PT considère qu’il «est temps d’épargner à notre pays toute dérive due aux arrestations et aux décisions arbitraires et d’arrêter cette voie dangereuse».
Contexte social oblige, le PTa évoqué la crise de l’eau que vivent l’ensemble des Algériens, notamment dans les grands centres urbains. Estimant que c’est une crise«sans précédent depuis des décennies», le PT s’alarme jusqu’à considérer quecette crise constitue «une bombe à retardement dans le sens où elle accroît la détresse de la majorité souffrant de toutes les formes de privation, conséquence du chômage, de l’érosion du pouvoir d’achat et de la récession qui affecte l’économie nationale».
Sur un autre volet, le PT a mis en garde contre les annonces officielles évoquant la probable révision des subventions publiques.«C’est une provocation très lourde compte tenu de la situation sociale précaire de la majorité de la population» et endosse «l’entière responsabilitéde la situation économique et financière du pays» aux autorités.Le PT a exprimé par ailleurs son soutienaux travailleurs de la SNTF qui ont observé un mouvement de grève, considérant «légitimes» leurs revendicationssocioprofessionnelles, appelant les autorités à abandonner le «traitement administratif et judiciaire» des doléances des ouvriers.
En ce qui concerne la gestion de la crise sanitaire, le PT n’exprime pas moins son inquiétude devant la situation «stressante» que vivent les établissements de santé à cause de la hausse des cas de contaminations quotidiennes au nouveau coronavirus.
C’est la raison pour laquelle le PT épingle le gouvernementqui «n’a pas retenu les enseignements de la première vague» dans la mesure où «les failles et déficits n’ont pas été colmatés» pour une véritable prise en charge des patients, alors que la courbe des contaminations ne rassure pas. <