Le Mouvement de la société pour la paix (MSP), présidé par Abderrezak Makri, n’a pas eu de mots doux à l’égard du futur nouveau-né du paysage politique, Nidaa El Watan, annoncé la semaine passée par Nazih Berramdane, conseiller du Président en charge de la société civile et de la communauté algérienne établie à l’étranger. Dans une déclaration à l’issue de la réunion de sa direction, le parti
a critiqué également la reconduction renouvelée du système des quotas dans le futur code électoral.

Pour la formation islamiste, visiblement partie pour participer aux prochaines législatives anticipées, le mouvement Nidaa El Watan, adossé à la société civile, « sera issu des poches de l’opportunisme, du carriérisme des clientèles et des parasites qui va mettre à mal l’exercice politique et exacerber la crise politique au lieu d’y apporter des solutions ».
Intervenant dans un contexte préélectoral, la création de cette future entité semble agacer fortement Makri jusqu’à l’entendre mettre en garde le pouvoir politique contre ce qu’il considère comme « la tentation de chercher à fabriquer un paysage politique et social de façon verticale et de poursuivre la politique du fait accompli ». Plus que la proximité avec le pouvoir politique, le MSP a reproché aux promoteurs de cette future entité des intentions de faire un « faux usage » des biens de l’Etat.
« La pratique politique qui consiste à mobiliser les moyens de l’Etat en faveur de certaines organisations dites de la société civile, à l’approche des élections législatives afin de promouvoir des forces et des initiatives politiques au niveau national et local, est une manœuvre flagrante qui nous rappelle des pratiques du passé dont on mesure les conséquences aujourd’hui », relève le parti de Makri.
Ce dernier rappelle, dans ce sens, que la société civile n’a pas vocation, ni mission, à faire de la politique et que son rôle fondamental consiste à être « le porte-parole de la société pour faire avancer ses préoccupations auprès des autorités locales et nationales », soulignant le « rôle participatif » de la société civile.
Il convient de souligner que si l’annonce de création de Nidaa El Watan a été fortement commentée et critiquée sur les réseaux sociaux, les formations politiques ne se sont ouvertement pas exprimées à ce sujet. Et le sujet a fait tellement parler de lui sur la toile que Nazih Berramdane n’a pas tardé à réagir à ce qu’il considère comme des « suspicions infondées », estimant que « l’initiative de Nidaa El Watan n’est pas un comité de soutien et ne ressemble guère aux précédente initiatives politiques, comme cela a été rapporté ; elle est conduite par des personnes qui jouissent d’une grande crédibilité dans la société ». L’ancien député du MPA a tiré sur « des personnes qui ne sont là que pour détruire et pour s’attaquer à toutes les initiatives afin de saborder toute tentative de changement », repoussant l’idée mise en avant par des internautes faisant le parallèle entre Nidaa El Watan et les circonstances de création du RND en 1997.
« D’aucuns ont comparé notre initiative à une précédente. Il faut savoir que cette dernière était dédiée à des personnes pour servir de comité de soutien. Aujourd’hui, il s’agit d’un appel de la nation et ceux qui adhèrent à l’initiative sont des personnes qui jouissent d’une grande crédibilité au niveau national, ils ont répondu à notre appel pour servir la patrie », a riposté Berramdane.
Sur un autre registre, le MSP n’a pas manqué de critiquer le projet d’ordonnance portant code électoral, appelant les autorités à l’impératif d’éviter les « failles » qui ont généré de « fausses représentations politiques », estimant que le recours aux méthodes du « quota et de la fraude au profit de parties acquises au pouvoir aura des conséquences dangereuses sur le pays… ».
Pour le MSP, la poursuite de la « politique des quotas sous une autre forme, à travers l’imposition de pourcentages de femmes, de jeunes et d’universitaires dans les futures listes électorales, risque de donner naissance à un Parlement sans efficacité et sans expérience ».