Seul candidat au poste de leader du parti, il est assuré d’en garder la direction à l’issue du congrès. En effet, le congrès du Mouvement de la société pour la paix (MSP) s’est poursuivi à son troisième jour, à huit clos, à la Coupole du 5-Juillet. La question lancinante que le congrès se devait impérativement de trancher, liée à la présidence du mouvement, a donné lieu à un intense travail de coulisses tout au long de la journée d’hier.

Loin des caméras, Abderezak Makri, le président sortant et candidat à sa propre succession, a fait l’objet d’intenses pressions de la part de l’ancien président du groupe parlementaire à l’Assemblée populaire nationale, Namane Laouer, mais aussi d’anciens ministres, à l’instar de Boudjerra Soltani, l’ex-ministre du Travail, Abdelmadjid Menasra, ancien ministre de l’Industrie, et Hachemi Djaâboub, ex-ministre du Commerce. Si Namane Laouer n’a pas tardé à retirer sa candidature après avoir négocié et accepté le poste de madjliss echoura, le trio des ministres, quant à lui, a pesé de tout son poids pour porter la candidature de Soltani, en vain. Ce dernier, après d’intenses et âpres manœuvres, a dû capituler, tant la ligne qu’incarne Abderezak Makri à l’intérieur du mouvement est majoritaire.
Boudjerra Soltani a, en effet, déclaré publiquement en fin d’après-midi son retrait de la course. « Je ne suis pas candidat à la présidence du mouvement et même si des congressistes décident de me porter candidat, je déclinerai leur demande. J’ai été à la tête du mouvement pendant 10 ans et cela me suffit », a-t-il indiqué avec dépit à la presse, tout en précisant qu’« il y a ceux qui ont plus droit à occuper la présidence du mouvement ». Boudjerra Soltani a tout autant réfuté de prendre la présidence du madjliss echoura : « Je ne concurrencerai aucun candidat à ce poste. » Jusqu’à l’heure où nous mettions sous presse, Abderezzak Makri est le seul candidat en lice au poste de président du mouvement. Sauf donc surprise de dernière minute, c’est lui qui sera élu à la tête du MSP. Selon les congressistes, l’élection du futur président du mouvement devait fera dans la soirée d’hier. La succession de Abderezak Makri à lui-même signera le maintien du mouvement dans l’opposition.
La ligne dure du mouvement qui plaide pour l’opposition est majoritaire mais, également, sans concession. En effet, selon de nombreux congressistes, « la majorité veut le maintien du MSP dans l’opposition et ne veut donc pas rallier le gouvernement pour un poste ou deux de ministres ». « Le MSP a un vrai ancrage dans la société et veut capitaliser son capital sympathie pour gagner les futures élections locales et législatives et se fiche éperdument de 1 ou 2 portefeuilles ministériels », explique un ancien membre du majliss echoura, selon lequel « le parti a déjà été au gouvernement, mais n’a rien gagné. Pourquoi donc opter pour la participation au gouvernement sans rien gagner en retour ? », a-t-il interrogé. Les travaux se poursuivent à huit clos au niveau des ateliers pour les projets des statuts du parti, la résolution économique, la résolution politique qui détermineront la feuille de route du parti pour les cinq années à venir.