Première réunion sur le terrain, et face aux militants de son parti, depuis le début de la crise de la Covid-19, le président du Mouvement de la société pour la paix (MSP) Abderrazak Makri, est longuement revenu, hier, depuis la wilaya de Médéa, sur la situation de l’Algérie, mais surtout sur le prochain référendum sur la Constitution. Le président du MSP, qui promet de multiplier les rencontres avec les militants de son parti «au moins une fois par semaine», a en ce sens estimé que le dossier de révision constitutionnelle était conduit dans la «précipitation».
Dans un message politique très critique, Makri a appelé «les dirigeants à prendre en compte les demandes du Hirak» avant d’estimer que «peu de choses avait aujourd’hui changé» dans le pays. Et certainement pas en ce qui concerne le rapport des «dirigeants» avec les partis d’opposition. «Les dirigeants voient toujours les grands partis comme une menace contre le système et non pas comme une chance pour le pays (…)». Abderrazak Makri ajoute dans cette même logique que le dossier de la révision de la Constitution était fait dans la précipitation, «nos députés ne sont pas rentrés à l’APN, parce que nous estimons qu’il y a une volonté d’imposer un avis unique (…) Il n’y a pas d’urgence dans ce dossier». Le président du MSP, qui donne néanmoins rendez-vous à la prochaine consultation, précise : «Nous avons donné notre avis, nous attendrons le référendum.» Il a également rappelé que son parti avait envoyé plusieurs propositions de modification du texte. «Nous avons présenté nos propositions au projet de la Constitution et très bientôt le parti va donner son avis (…) Nous l’étudions avec nos critères en prenant le temps nécessaire et en toute objectivité. Nous verrons notamment si les avis de la classe politique ont été pris en compte». Le responsable politique a également donné, en quelques phrases, sa lecture de la conjoncture économique en temps de crise sanitaire. Pour lui, «la Covid-19 n’est plus aussi virulente que ce qu’elle était, je remarque que la vie reprend». Abderrazak Makri souligne ainsi que la «situation a eu de lourds impacts sur les écoles et l’activité économique… «Beaucoup d’Algériens sont tombés dans la pauvreté. Aujourd’hui, l’Algérie est dans une situation de faiblesse, il faut le dire aux Algériens honnêtement et franchement qu’il y a une faiblesse économique et sociale». Le responsable du MSP depuis 2013 a, par ailleurs, appelé les autorités à la «réouverture» des mosquées. «L’interdiction de la prière du fadjr n’a plus de sens, quand on remarque le monde sur les plages. Je crains que la fermeture des mosquées de cette manière ne soit plus un acte de santé publique, mais un choix politique», a-t-il lancé.
Abderrazak Makri a également consacré une large partie de sa rencontre à ce qu’il considère être «l’identité réelle» du pays. n