Le président du Mouvement de la société pour la paix (MSP), Abderrezak Makri, veut que les militants de son parti jouent un rôle plus important au sein de la société algérienne. Pour ce faire, il les appelés, hier, à l’occasion de l’ouverture des travaux de la rencontre annuelle des responsables des instances du parti à ne plus limiter leurs actions au champ politique.

« La priorité au cours des prochains mois est de renforcer les instances de base du parti en vue de s’occuper des autres tâches, à savoir l’encadrement de la société », a-t-il dit. « Le militant ou cadre du parti doit interagir avec la société pour qu’ils ne deviennent pas un simple instrument de vote », a-t-il expliqué avant d’ajouter : « Nous orientons nos militants pour qu’ils soient positifs au sein de la société ».
Pour Makri, le MSP n’est pas un parti comme les autres. Il se distingue par sa capacité à résister aux pressions et à la fraude électorale. « Nous avons réussi à nous distinguer du reste des formations politiques existantes grâce au courage, à la lucidité et à l’engagement de ses militants de base présents dans les 48 wilayas », a-t-il indiqué. Commentant les analyses qui évoquent le recul des islamistes du MSP en particulier lors des dernières élections locales, l’orateur se dit étonné de certains organes de presse francophones qui reconnaissent que les élections sont truquées en Algérie, mais tentent d’expliquer le recul des résultats obtenus par notre parti indépendamment de ce fait. Toujours sur les élections, il dira que les résultats obtenus par les partis du pouvoir ne reflètent pas la réalité.
Par ailleurs, il a promis de faire du projet de congrès de sa formation politique un événement politique majeur digne des démocraties classiques. « Nous allons faire de notre prochain congrès un fête démocratique qui épatera le monde entier », a-t-il avancé.
En ce qui concerne la vie économique du pays, Makri dit que l’Algérie vit aujourd’hui une grande crise. Une crise de la rareté de la liquidité qui touche en premier lieu la trésorerie des APC. « Les élus doivent savoir que la situation sera plus difficile dans le futur, car les collectivités locales sont les premières à payer les frais de la crise », a-t-il averti. La solution, à cette situation, réside dans le développement local et l’investissement qui ne peuvent se faire dans le cadre de la législation actuelle qui limite, selon lui, les pouvoirs des P-APC et P-APW. «Revoir le code communal et celui de wilaya de sorte à permettre à ces deux responsables de prendre l’initiative et d’assumer pleinement leurs responsabilités », a-t-il dit. «Revoir également le code fiscal national et l’organisation administrative pour donner plus de marge pour les élus locaux », a-t-il poursuivi.
Evoquant le volet social, le leader du parti islamiste a déploré le traitement réservé au mouvement des médecins résidents par les pouvoirs publics. Il estime que l’intervention musclée des services de sécurité le 3 janvier dernier pour empêcher la manifestation programmée par les médecins résidents au niveau de l’hôpital Mustapha-Pacha est une erreur. « C’est cette violence exercée à Mustapha-Pacha qui a donné un nouveau souffle au mouvement des médecins résidents qui ont réussi à organiser une marche historique dans les rues de la ville d’Oran », a-t-il affirmé. Poursuivant, le président du MSP a réitéré son soutien aux étudiants des écoles de formation des enseignants (ENS) qui mènent depuis des mois un mouvement de protestation pour annuler la décision du ministère de l’Education nationale portant sur l’obligation de passer par un concours pour se faire recruter dans un établissement scolaire. « En s’inscrivant en première année, ces étudiants ont signé un contrat qui consiste à avoir un poste de travail sans passer par un concours. Le ministère doit respecter cet engagement », a-t-il plaidé.