Autres temps, autres mœurs : la laine, autrefois si demandée, n’a plus la cote et l’époque où l’on gardait les peaux de mouton est bel et bien révolue. A M’sila, région connue pour son économie pastorale, ce produit ne suscite plus d’intérêt chez le consommateur comme par le passé et sa production comme ses prix continuent de chuter.

Par Selma Allane
Selon des éleveurs de la chambre agricole locale, cités par l’APS, la production de laine ne dépasserait pas les 25000 quintaux annuellement et son prix est passé sous le seuil des 500 dinars le kilogramme, loin des 1000 dinars qui étaient pratiqués il y a quelques années quand le marché était au zénith. La disparition d’activités traditionnelles telles que le filage, le tissage des couvertures et des tapis traditionnels, pratiquement remplacés aujourd’hui par les produits synthétiques, sont à l’origine du grand repli du marché de la laine dans la région. Selon les explications fournies par les éleveurs à l’APS, l’abandon d’activités ménagères et artisanales dans les foyers comme dans beaucoup de commerce a entrainé la désertion d’une filière autrefois emblématique de la culture et du terroir des Hauts Plateaux. Pour ces éleveurs, il n’y a que le tissage de la kachabia et du burnous, habits traditionnels très prisé dans la région pour leur confort et leur protection du froid, qui échappe au déclassement. Cela, alors que les acteurs du marché qui peuvent se tourner vers la confection de produits artisanaux de qualité et à valeur culturelle ajoutée, ne parviennent pas à s’organiser pour valoriser un patrimoine qui, s’il trouve un marché, peut connaître un regain de vie et d’innovation.
En comparaison avec les marchés des viandes rouges et du lait, celui de la laine, expliquent les opérateurs interrogés par l’APS, reste « caractérisé par une sorte de désorganisation qui a donné naissance à une anarchie elle-même à l’origine d’une dérégulation des prix, ce qui n’incite pas les éleveurs à se consacrer à cette activité ». « La laine est actuellement remplacée par les poils de dromadaire pour le tissage des habits traditionnels, à l’image de la Kachabia et du burnous, une raison obligeant les femmes du Hodna à abandonner la filature de la laine », ont-ils ajouté. n