Dans un discours prononcé, hier, à l’ouverture des travaux du Conseil national du MPA à Mostaganem, son premier responsable Amara Benyounès a exprimé sa joie et sa satisfaction depuis l’annonce officielle des résultats des législatives par le ministre de l’Intérieur.

« On ne va pas faire de déclaration officielle », mais les résultats confirment que le MPA, classé auparavant dans la mouvance dite nationaliste par son premier responsable, « est le premier parti du pôle démocratique à avoir réussi un tel exploit», a-t-il déclaré. « Maintenant, il faut songer à réunir les partis démocrates pour constituer une force dans le pays et peser sur la vie politique nationale », préconise-t-il. Avec cette percée « remarquable », le MPA se positionne comme « une force politique incontournable dans le paysage politique algérien ». « Nous avons eu plus de 1 000 élus à l’échelle nationale », se réjouit Amara Benyounès. « C’est seulement en huit mois d’activité politique légale que nous avons atteint ce stade de mobilisation », a-t-il ajouté, en rappelant, par ailleurs, que « le MPA existe réellement depuis 2004 avec la création de l’UDR ». « Nous avons décroché 103 sièges dans les assemblées de wilaya, 12 APC avec une majorité absolue », a-t-il dit, en précisant que le parti « est en ballottage dans plusieurs autres APC » qu’il compte « rallier avec des alliances avec d’autres formations ». Pour rappel, le MPA a présenté 632 listes pour les assemblées locales et 42 pour les assemblées de wilaya.
Après avoir riposté à ceux qui se sont dressés contre lui, durant la campagne électorale pour les élections législatives du 23 novembre dernier, le secrétaire général du MPA a rappelé que son parti est « une force politique dans le pays en termes de popularité et de représentation au sein de la société ». M. Benyounès affirme que « les tentatives de déstabilisation du Mouvement l’ont renforcé davantage », assurant que « le MPA se porte bien aujourd’hui ». « Les problèmes internes sont quelque chose de normal dans tout parti politique », a-t-il ajouté, en allusion au départ de nombreux militants. «La démission est une décision personnelle et libre en démocratie », a-t-il soutenu. Le président du MPA a affirmé que l’opération de l’élaboration des listes de candidatures s’est déroulée « dans un climat démocratique ».
L’occasion aussi pour le leader du Mouvement populaire algérien de s’en prendre également à l’opposition : « L’opposition n’a qu’un seul dénominateur commun : les attaques récurrentes contre le président de la République ». « Je leur rappelle que le président Bouteflika ira jusqu’au bout de son mandat et celui qui veut la présidentielle n’a qu’à attendre avril 2019 pour se présenter », a-t-il indiqué.
Réagissant à l’appel de certains partis de l’opposition sur l’application de l’article 102 de la Constitution, M. Benyounès a estimé que les initiateurs de cet appel veulent « un coup d’Etat médical », les invitant à « respecter les échéances électorales et à attendre la présidentielle 2019 ». En réponse aux « partisans de la révolution pacifique », il affirme que « le changement par la voie des élections est la seule solution en démocratie, laquelle consacre le débat à l’intérieur des institutions et non dans la rue », fustigeant les partis de l’opposition qui prônent ces slogans alors qu’ils « ont échoué à se rassembler ». A propos de l’argent sale, Amara Benyounès a tenu à apporter une précision : « L’argent sale, c’est celui de la drogue, celui du terrorisme, celui de l’informel. Il y a des gens qui ont gagné proprement leur argent, ceux-là sont des Algériens qui ont le droit de faire de la politique », ajoute-t-il, en défendant « les acteurs économiques du privé qui participent avec leur argent à la relance de l’économie nationale ».
Abordant la question du financement non-conventionnel, soutenu par son parti, il a salué « le discours franc » du Premier ministre, Ahmed Ouyahia, sur la situation économique difficile que traverse le pays, appelant, à ce titre, à l’accompagnement de ce type de financement par « des réformes économiques profondes ». Enfin, le président du Mouvement populaire algérien n’a pas manqué d’évoquer le problème de la Palestine et les dernières déclarations du président américain Donald Trump sur la décision prise du transfert de son ambassade de la capitale Tel Aviv à Jérusalem, et la situation délicate qui se passe au Moyen-Orient et dans les pays arabes.