Le Mouvement populaire algérien (MPA) élira un successeur à Amara Benyounès fin septembre prochain. Cette succession sera organisée à l’issue d’une session extraordinaire du conseil national du parti. C’est du moins ce que révèle un membre du bureau national de cette formation politique, anciennement membre de l’alliance présidentielle, ayant porté à bras le corps la candidature de Abdelaziz Bouteflika durant plus de deux décennies. Mais la session du conseil national extraordinaire devra être précédée par une réunion du bureau national, en septembre prochain, et qui sera dédiée à définir les mécanismes de cette succession ainsi que sa date. Qui pourrait succéder à Amara Benyounès ? La réponse à cette question relève du secret le plus total. Et pour cause, le MPA a été un parti très discret depuis l’incarcération à la prison d’El Harrach de son patron pour cause de corruption du temps où il était ministre des Travaux publics et du Commerce. En effet, le MPA a tenu une rencontre de son bureau national et constaté la vacance du poste de président du parti, dans une grande discrétion. Aussi, c’est le seul parti qui n’a pas encore entamé la procédure de succession de son premier responsable. Contrairement aux autres membres de l’alliance présidentielle qui communiquent et réagissent aux évolutions de la scène politique nationale, le MPA a observé un silence assourdissant et ne s’est même pas exprimé sur les sujets sur lesquels leurs partenaires réitèrent en permanence leurs prises de position. Interrogé sur les raisons de ce silence, notre source explique que « c’est le bureau national qui gère actuellement les affaires internes du parti et il n’y a absolument aucune situation de crise au sein du MPA qui nécessiterait que l’on rende un communiqué sur la situation interne du parti ». Mais le silence dans lequel s’est enfermé le parti cache mal son malaise. En effet, contrairement aux autres partis de l’ex-Alliance dans lesquels, il y a un semblant de démocratie, au MPA, Amara Benyounès n’était pas uniquement l’homme fort du parti, mais c’était également le seul homme aux commandes. « Il n’avait pas pour habitude de déléguer le pouvoir aux autres membres du bureau national. C’est le seul décideur. Il décide de tout, des nominations, des candidats prétendants à la députation ou aux locales », soutien notre source, avant de noter que « c’est ce qui explique la difficulté de la succession ».
« C’était lui le porte-parole, personne ne pouvait s’exprimer en dehors de lui. Du coup, son incarcération a tétanisé le parti et la succession s’avère difficile pour l’heure », explique encore notre source. Avant de faire observer que « c’est ce qui explique le manque de communication par rapport à la déclaration de la vacance du poste et le retard qu’on a pris à lui trouver un successeur ».
Selon notre source « aucun membre du bureau national ne s’est aventuré à mettre en avant sa candidature pour l’heure. Nous attendons que les choses s’éclaircissent et que les esprits s’apaisent pour restructurer le parti et le revoir de fond en comble». A suivre.